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Yambo Ouologuem, un des monuments de la littérature africaine du 20e siècle, a payé la dette de la nature, le 14 octobre 2017, à 77 ans – MALI CANAL
Culture

Yambo Ouologuem, un des monuments de la littérature africaine du 20e siècle, a payé la dette de la nature, le 14 octobre 2017, à 77 ans

Né le 22 août 1940 à Bandiagara, le jeune écrivain malien est révélé au grand public en devenant le premier lauréat africain du prix Renaudot en 1968 pour son best-seller ” Le Devoir de violence “. Une œuvre iconoclaste, qui a eu l’audace de briser l’image idyllique de l’Afrique qui était chantée par les tenants du mouvement de la négritude . Ce livre traite de la dynastie africaine fictive des Saïfs, seigneurs féodaux africains. Il dépeint la participation africaine au colonialisme à travers des chefs locaux qui vendaient leurs sujets aux marchands arabes et occidentaux. Pour Ouologuem, l’esclavage, la barbarie, les violences, la sexualité et la torture existaient déjà en Afrique bien avant l’arrivée des colonisateurs, et que les seigneurs africains sont complices de la pénétration coloniale. Il voulait que nous sachions notre histoire, la vraie. Et, non celle falsifiée et charcutée par l’Occident ainsi que ses suppôts africains.
Si, le devoir de violence fût perçu à sa parution comme une trahison par les plus grands noms, à l’instar de Léopold Sédar Senghor, il fût aussi, brillamment, accueilli comme un chef d’œuvre littéraire et vendu à des milliers d’exemplaires de par le monde. Le prix Renaudot fût décerné à son auteur, qui n’avait alors pas 30 ans. Il lui vaudra aussi une sévère accusation de plagiat, dès 1972, qui fait encore débat aujourd’hui. Pour avoir dit ce côté sombre de l’histoire Africaine, Ouologuem et son oeuvre feront l’objet d’une cabale médiatique et politique visant sa descente aux enfers. Face à la meute, le jeune styliste malien publia un manifeste pour sa défense et un récit érotique sous pseudonyme. Déconfit et bouleversé, Yambo Ouologuem finit par rendre les armes et se retirer au Mali en 1971, rompant tout contact avec le monde littéraire, puis avec tout ce qui lui rappelait l’Occident. Retiré dans son monde intérieur, il ne parlera plus de son chef-d’œuvre. Il ne reprendra plus jamais la plume. Il consacra le temps de l’écriture à l’adoration de son créateur. Ce matraquage savamment orchestré, avait atteint le jeune homme qu’était Yambo à la fin des années 60, et lui avait laissé des blessures incurables qu’il emportera, à jamais, dans sa tombe.
Maschallah ! oua bismillah ! Honte aux hommes de rien !
Ouologuem disait lors d’une interview en 1969 que: « La plume est à l’écrivain ce qu’est à l’aveugle son bâton. C’est-a-dire qu’un objet inerte devient un instrument opératoire dans lequel vient se loger la sensibilité qui s’y prolonge. De même que l’aveugle qui marche à tâtons sait où il va, en gros, dans son idée, mais ne sait pas les embûches qu’il va trouver ».
Yambo ! Tu seras à jamais l’une des meilleures plumes du Mali et de l’Afrique. Le Prix Renaudot, le premier décerné à un auteur africain, en est l’éloquent témoignage. La mort n’est rien si l’oeuvre de la vie est accomplie, elle peut engloutir un homme mais elle ne peut jamais engloutir son nom et sa réputation. Tu as apporté ta pierre précieuse à l’édifice national et hissé ton pays à la cime de la littérature mondiale. La patrie t’en sera éternellement reconnaissante !
Le devoir de violence restera à jamais un Roman-culte en Afrique et dans le monde, il continuera à faire couler encore beaucoup d’encre.
Mais, la valeur d’une oeuvre ne réside t’elle pas dans la spéculation dont elle devient l’objet ?
M.D.

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