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Un policier français a-t-il été pris en photo avec un t-shirt d’une unité de police militaire brésilienne ?

Un policier a été filmé le 2 août dernier, lors d’un rassemblement devant les locaux de l’IGPN pour protester contre les violences policières. Il était vêtu d’un t-shirt floqué du logo de la BOPE, unité de police militaire brésilienne, critiquée par Amnesty International.

Bonjour,

Vous faites référence au t-shirt arboré par un policier lors d’un rassemblement le 2 août dernier à Paris devant les bureaux de l’IGPN, la police des polices, à Paris.

Quelques manifestants s’étaient en effet donnés rendez-vous ce jour-là devant le siège de l’IGPN, dans le 12e arrondissement de Paris, pour protester contre les violences policières, alors que le corps de Steve Caniço, jeune nantais disparu le soir de la fête de la musique à Nantes, venait d’être retrouvé dans la Loire quelques jours plus tôt.

Lors de ce rassemblement, comme l’a montré le compte «Hors-Zone Press», un policier était vêtu d’un t-shirt noir, avec le logo (en forme de tête de mort traversé par deux pistolets et un long couteau). Ce logo est celui du groupe d’intervention de la police militaire de l’Etat de Rio de Janeiro, au Brésil, plus connu sous le nom de BOPE.

Cette unité spéciale, dont la mission principale est d’endiguer le trafic de drogues, aussi surnommée «Escadron de la mort», est au centre de plusieurs polémiques. En 2004, un rapport de la New York University School of Law accusait le BOPE d’avoir maquillé l’assassinat de quatre jeunes gens sous le prétexte qu’ils étaient des narcotrafiquants. Alors qu’aucune arme n’avait été trouvée sur les victimes, et qu’aucun d’entre eux n’avait d’antécédents criminels.

 «Le port d’un tel insigne n’entre pas dans le champ des interdictions»

Dans un autre rapport, daté de 2005 et signé cette fois-ci Amnesty International, l’ONG estimait, en pointant du doigt à plusieurs reprises la BOPE, que «les forces de police du Brésil avaient recours à des méthodes violentes et répressives, qui se traduisent régulièrement par la violation des droits fondamentaux d’une grande partie de la population».

Contactée par CheckNews, la préfecture de police de Paris confirme que la personne vêtue de ce t-shirt est un policier en civil en service, de la préfecture de Police. Mais, ajoute-t-elle, «le port d’un tel insigne sur un t-shirt n’entre pas dans le champ des interdictions prévues par l’article 645-1 du code pénal».

L’article en question punit d’une amende le fait «de porter ou d’exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle, […] soit par une personne reconnue coupable par une juridiction française ou internationale d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité». Ce qui n’est pas le cas de la BOPE.

En mai 2018, CheckNews s’était déjà penché sur une polémique similaire, avec un CRS abordant, cette fois-ci sur sa tenue, un insigne d’extrême droite. Contacté par CheckNews, le ministère de l’Intérieur expliquait alors que le règlement de la police nationale prohibait «le port sur la tenue d’uniforme de tout élément, signe, ou insigne, en rapport avec l’appartenance à une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative».

Cordialement

Robin Andraca

Libération.fr

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