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Trump a déclenché un conflit avec l’Iran sans en mesurer les conséquences

Si l’assassinat de Soleimani pouvait se justifier, il y avait une bonne raison de ne pas le faire : sa mort ouvre la voie à une escalade du conflit aux conséquences catastrophiques et imprévisibles pour les États-Unis, l’Iran et toute la région, estime ce journaliste américain.

Il pouvait paraître justifié d’assassiner le général Qassem Soleimani. Pendant vingt ans, en tant que commandant en chef de la force Al-Qods des Gardiens de la révolution, il a orchestré le jeu stratégique à long terme de son pays au Moyen-Orient. Il a armé et conseillé des milices pro-iraniennes au Liban et en Irak, qui sont aujourd’hui plus puissantes que l’un ou l’autre de ces États, il a apporté un soutien vital à Bachar El-Assad et lui a permis de prendre le dessus dans la guerre civile qui ravage la Syrie et a fait plus de 500 000 morts, il a lancé une guerre par procuration au Yémen contre les Saoudiens honnis, et il n’a cessé de provoquer les États-Unis et leurs alliés en menant des actions militaires dans toute la région, sans que l’Iran en paie apparemment jamais le prix.

Les États-Unis, d’une puissance infiniment supérieure, répugnaient à riposter, redoutant de déclencher un conflit dont ils ne voulaient pas. Chaque fois que Soleimani s’est retrouvé dans le collimateur des forces américaines, Washington s’est abstenu de presser la détente. Ce qui lui a peut-être donné un certain sentiment d’impunité. L’Iran, un pays de taille moyenne, avec une armée conventionnelle peu impressionnante, une économie vulnérable et une population qui descend régulièrement dans la rue, semblait avoir l’avantage uniquement parce que les États-Unis se refusaient à utiliser leur supériorité militaire écrasante.

La stratégie de la “pression maximale” est un échec

Le gouvernement Obama avait négocié un accord historique visant à endiguer les ambitions nucléaires de la République islamique, mais pas ses guerres par procuration. Ces dernières étaient censées faire l’objet de pourparlers ultérieurs. Mais rien ne garantissait que l’Iran renoncerait au seul instrument de pouvoir dont il avait appris à user avec tant de succès. Privé d’arsenal nucléaire, Téhéran a dû faire de plus en plus souvent appel à sa force Al-Qods et à ses divers alliés dans la région. Sans le dire, le

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George Packer
Source : Courrier international

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