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Témoignage proignant d’un militaire rescapé de Konna : “j’ai frôlé la mort ce jour face à des islamistes, en cassant une jambe”

Le 10 janvier 2013 en est une pour moi. Konna 2013, un parcours qui a beaucoup marque ma vie. J’en suis fière d’avoir accompli ma mission et mon devoir de soldat. Stoppé l’avancée des islamistes à Konna. J’étais soldat de 2e classe de la 612eme cim du 61eme régiment de la 6eme région militaire sévaré.
Mon nom est Amadou_Baye_Bolly ABB ou Bollywood pour les intimes.

Ce jour-là j’étais tireur d’une arme lourde appelée monotype de 14,5 les connaisseurs connaissent.
Malgré nos faibles moyens, on avait la conviction et la détermination, on savait que c’était la dernière ligne à sauvegarder pour l’honneur et la dignité de la patrie. Donc, il fallait le sauver au prix de notre vie comme le serment nous l’a exigé : La patrie ou la mort. J’ai frôlé la mort ce jour face à des islamistes en cassant une jambe.

Malgré cette blessure, je n’ai pas rompu la ligne jusqu’à l’arrivée du renfort. J’avais un seul but : m’exploser avec les islamistes, mais jamais me capturer vivant.
Dieu merci, mon équipe ne m’a jamais abandonné. Mon chauffeur a quitté le volant et mes chargeurs pour m’aider à placé les garrots afin d’arrêter l’hémorragie. Au même moment, mon chef d’équipe assurait ma relève. Je les salue de passage : adjudant-chef Moussa_Doumbia, caporal Abdou_Coulibaly dit Gorgui, Zanké Coulibaly et Bouba_Maïga.
Après un repli stratégique au carrefour de Konna, c’est de là que j’ai su qu’on tenait le combat par l’amour et la conviction, vu les nombreux morts et blessés et les dégâts matériels. Comme on le dit, une minorité déterminée vaut mieux qu’une majorité sans conviction.
Les chefs à l’époque comme le capitaine Hamidou_Kodio, colonel Abas et le colonel Goïta et plein d’autres ont joué leurs rôles avec perfection et honneur en mettant une stratégie d’évacuation des morts et des blessés pour ne pas sapé le moral de la troupe. C’était une stratégie tactique mais aussi un coup fatal parce que les islamistes aussi avaient leurs stratégies. Ils avaient embusqué la route du retour. Il a valu le sacrifice de certains en offrant leurs vies pour déceler les pièges enfin de les contourner. Je salue ces actes patriotiques de mes compagnons. C’est ce sacrifice qui a maintenu nos hommes à la tête du bataillon jusqu’à l’arrivée du renfort français.
Après avoir franchi l’embuscade, j’avais les remorts et la rage de ma blessure. J’étais impuissant et immobile surtout inquièt de la situation. Mais quelques kilomètres parcourus, j’aperçus un dispositif de reconquête composé du Dami.
Une unité d’intervention rapide. C’était une deuxième ligne parce que la première avait été affaiblie.
Enfin, le vent commença à me souffler et je décide d’appeler la famille pour rassurer les parents parce que ma mort avait déjà été annoncée et mon téléphone ne cessait de sonner.
Une fois à Sévaré, je constate que la ville était désertée, mais les parents militaires étaient au bord du goudron pour accueillir leurs morts et leurs blessés.
A l’infirmerie de la garnison de Sévaré, les dispositions  sanitaires nécessaires étaient en place. Les blessés étaient triés par ordre de blessures graves. Les plus graves ont été évacués d’urgence par avion à Bamako.
Ce qui m’a beaucoup touché, c’était la solidarité des blessés, chacun désignait l’autre comme plus grave pour être évacué à Bamako. À un moment donné, le commandement a décidé d’évacuer les moins blessés à l’hôpital Somino Dolo pour les soins appropriés.
A l’hôpital, c’était la panique totale. Les agens de santé de l’hôpital étaient terrorisés parce qu’il y avait déjà des terroristes infiltrés dans la ville. Donc, ils nous déchiraient les tenues pour ne pas être repérés par les terroristes.
C’était un événement vraiment inoubliable, je remercie le bon Dieu. Je pensais que je n’allais plus remarcher, mais par la grâce et la bonté de Dieu, il m’a accordé une nouvelle chance.
Aujourd’hui, 10 janvier 2020, je ne peux que remercier le bon Dieu car, d’autres n’ont pas eu cette chance.
Je souhaite prompte rétablissement à tous les blessés parce qu’on vit toujours avec les séquelles.
Que l’âme des soldats tombés repose en paix. Tout ce que Dieu fait est bon. Vive l’armée malienne. ABB, mon combat vient de loin.

Amadou_Baye_Bolly ABB ou Bollywood pour les intimes

Source : Malicanal.com

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