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Editos / Contributions

Sortie apaisée de crise au Mali – Acte 1 : la démission ou pas du président de la République ?

Les contestataires du président de la République qui se réclament être le peuple du Mali, ont battu deux fois le pavé les 5 et 19 juin 2020. Ils demandent purement la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, et de ce qu’ils appellent son régime (Assemblée nationale, Gouvernement et Cour constitutionnelle). Ils dénoncent les problèmes réels tels l’insécurité, la corruption, la situation de l’école, les résultats électoraux falsifiés et l’accaparement des biens de l’Etat par un groupe restreint, le panier de la ménagère entre autres…..

Mon avis :
La démission du président de la République, fut-il incapable de régler tel ou tel problème, n’est pas une bonne solution parce qu’elle expose le Mali davantage qu’il ne l’est actuellement aux dangers des terroristes au Centre, les indépendantistes au Nord et l’embrasement politique au Sud. Malgré la méthode inconstitutionnelle des frondeurs, même si le président de la République venait à accéder à leur demande en démissionnant, le temps pour la classe politique de faire des concertations, s’entendre sur la mise en place d’un chef consensuel de la transition et son gouvernement, les terroristes et les indépendantistes qui n’attendent que cette opportunité, vont gagner du terrain comme en 2012, et il y a de forte chance que la CMA procède directement à l’établissement des frontières physiques entre les Maliens, en se prémunissant d’un territoire.

De l’autre côté, les bandes de Iyad Ag Agaly, de Jaffar et Amadou Kouffa, qui se battent pour un Etat islamique au Mali, prendront la capitale car, quand l’armée va manquer de commandement, les derniers verrous autour de Bamako vont sauter, et je touche du mois, la catastrophe nous arrivera tout droit car, les salafistes viendront gouverner Bamako.

Ensuite, la démission du président de la République enlèverait tout cadre juridique et constitutionnelle à l’issue de la crise. Or, rien ne peut se régler dans l’anarchie car, tous les camps, majorité-opposition, société civile voudront prendre leur part dans la gestion de l’Etat.

Je n’imagine même pas la situation économique qui va en découler car, tous les bailleurs de fonds tourneront dos au Mali, et vu l’état de déliquescence de notre économie, nous serons à sec. Ajouter à cela l’embargo que nos voisins de la Cédéao vont nous imposer, bonjour les dégâts ! Qui est prêt à acheter le litre d’essence à 2000 ou 3000 francs ? Et comment EDM va fonctionner sans carburant ? Sommes-nous prêts à revenir aux lampes à pétrole dans nos foyers ? Pour combien de temps ? Rien ne nous garantit une stabilité.

La solution de la crise sociale et politique actuellement créée, passe forcément par le maintien du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. On peut ne pas l’aimer, mais compte tenu du rang et de la place de l’institution qu’il représente, nous sommes contraints d’aller avec lui si seulement on veut aller de l’avant et éviter au pays de plonger.

Seydou Oumar Traoré, journaliste.

PS : Je reviens sur la demande de dissolution de la Cour constitutionnelle dans l’acte 2.

Source : Malicanal.com

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