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Sécurisation des activités agricoles au Pays Dogon : les promesses non tenues de Boubou

Les habitants du Pays dogon précisément, le cercle de Koro, ne savent plus à quel saint se vouer en cette période hivernale. Et pour cause, les champs sont devenus des arènes d’exécution des paysans par des bandits armés qui tuent sauvagement tout bras valide qui ose s’y aventurer. Et pour cause, pas plus tard que mercredi, deux frères de lait ont été assassinés dans leur champ. Et ces scènes horribles sont devenues le quotidien des habitants de cette zone qui attendent en vain les 3 500 soldats promis par le PM pour sécuriser les activités agricoles de la zone.

Des corps sans vie qui jonchent le sol, des bœufs et des charrues de labour et autres outils de production agricole calcinés, des villages transformés en ruine, des caprins et ovin calcinés, voilà l’image très désolante du cercle de Koro, depuis plus d’une année, sous les yeux indifférents ou impuissants des autorités locales et administratives de la place.
Pourtant, en visite de terrain à Sendegué et Ogossagou dans la région de Mopti en juin 2019, le Premier ministre avait annoncé des mesures de stabilisation du centre, à travers le déploiement d’unités des Famas pour renforcer celles déjà sur place afin de permettre aux habitants de vaquer à leurs occupations. Connues pour leurs activités agropastorales, les populations de cette zone sont malheureusement sous embargo, depuis un certain temps, imposé par des hordes de terroristes.
Ainsi, les violences se sont multipliées dans plusieurs cercles des régions de Mopti et de Ségou. Aux attaques des groupes djihadistes armés alliés à ceux actifs dans le nord, se sont ajouté des exactions des affrontements intercommunautaires et de nombreux crimes crapuleux favorisés par l’absence des services de l’État et l’émergence de milices armées. La nature des violences observées est ainsi très diverse : assassinats ciblés, exécutions sommaires, attaques terroristes, batailles rangées, massacres de masse.
Selon, l’Honorable Hamidou DJIMDE, du lundi 20 juillet à hier Dimanche, six villages ont été attaqués par des hommes armés et les survivants ont été contraints de quitter les villages complètement calcinés.
« Pourtant, ces scènes ne devraient pas avoir lieu si le Premier ministre avait tenu sa promesse de déploiement des unités FAMa. Nous les habitants de cette zone avons attendu ces 3500 soldats promis pour renforcer les FAMa, en vain. Nul ne peut nier que l’effectif des soldats dans notre zone est insuffisant. Les villages sont en train d’être rayés quotidiennement sur la carte du cercle sous l’œil des autorités », a-t-il dit. Selon, lui, les élus de cercle de Koro de cette législature ont fait le rappel de cette promesse au Premier ministre, sans succès.
« Nous sommes au regret de constater que nous sommes dans cette situation en cette période hivernale, sans savoir quoi faire. Nous réitérons notre demande de renforcement de la sécurité de notre zone, au risque de la disparition des centaines de villages dans cette zone », a-t-il dit avant d’alerter que d’autres attaques sont imminentes dans la zone, selon les informations des habitants.
Par conséquent, comme la campagne agricole passée, les habitants de la zone sont privés d’activités de production, lassant la place à la famine qui profile à l’horizon. Cette situation catastrophique se répercute négativement sur le panier de la ménagère dans les autres parties du pays. Car le pays dogon est connu pour sa production de légumes comme l’échalote et d’autres denrées indispensables dans la sécurité alimentaire.
L’importance socio-économique de la zone et son abandon par les autorités contrastent avec les discours politiques du Dr Boubou et de son Président.
Rappelons que depuis le début de l’année 2018, le Centre du Mali est en proie à des violences d’une extrême gravité. Selon les dernières statistiques de la communauté internationale, on y recense environ 40 % des attaques dans le pays. Ce qui fait actuellement de la zone, la plus dangereuse du Mali. En effet, le conflit asymétrique s’est intensifié et complexifié et aurait fait, selon les chiffres disponibles, plusieurs centaines victimes civiles de janvier 2018 à nos jours et causé la mort de plusieurs dizaines de combattants au cours de massacres, d’attaques ou de combats : assassinats, exécutions sommaires, tortures, disparitions forcées, etc. Des villages ont été brûlés, d’autres sont assiégés par des blocus, leurs habitants sont pourchassés.
Ainsi, plus de 15 000 personnes ont dû fuir les persécutions, les violences et parfois les combats menés par plusieurs acteurs en présence, notamment les djihadistes regroupés au sein de la katiba Macina dirigée par le prédicateur Amadou Koufa, et membres de la nébuleuse djihadiste Al-Qaïda au Magrheb islamique (AQMI) regroupée depuis mars 2017 au sein du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM) d’Iyad Al Ghaly ; les forces de défense et de sécurité et principalement les forces armées maliennes (FAMA) qui mènent des opérations anti-terroristes ; les milices locales communautaires, qu’elles soient dogon, bambara ou peule qui se présentent plus volontiers comme des groupes d’autodéfense de leur communauté attaquée.

PAR CHRISTELLE KONE

Source : INFO-MATIN

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