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Ramadan : la morosité

Le mois de ramadan tire vers sa fin. Les préparatifs pour la fête de l’Aïd El Kebir ont commencé. Les Bamakois restent encore fidèles à leurs habitudes malgré la menace de la pandémie du Covid-19 qui plane dans le monde. Les hangars des teinturiers sont pris d’assaut par les clientes.

 La capitale malienne est déjà dans la ferveur de la fête. Après quelques jours d’abstinences, de prière, de jeune et de méditation, les musulmans s’apprêtent à célébrer la fête de l’Aïd. Les parents sont soucieux sur le comment satisfaire leurs enfants car chacun désir porter un bazin riches afin d’être roi ou reine de la fête.

Et dans certains ateliers de teinture de la capitale, l’affluence reste pour l’instant morose. Cela s’explique par le fait que la plupart des clients préfèrent les prêts-a-porté, parce qu’ils aiment attendre la dernière minute pour faire leurs tenues. Chez les vendeurs de bazins, l’ambiance est rythmée par la musique des grandes griottes et griots et l’engouement des clients est à son comble.

Cette année, l’affluence n’est pas comme souhaitée. Les gens sont peu retissants et préfèrent les getzer que de venir donner leurs tenues chez les teinturiers”, a affirmé une cliente de bazin. Pour elle, “le processus est long et le prix (c’est-à-dire l’achat du tissu blanc qui revient entre 6 000 et 7 000 F CFA, plus le prix de la teinture) revient à la même chose”. Du côté des vendeurs, on ne se plaint pas trop. “Avec le peu de clients, on peut dire que ça va”, souligne-t-il.

Du côté des teinturières, on évoque la pandémie comme cause du manque d’affluence des clientes. “Avant, à un mois de la fête, on pouvait faire plus d’une centaine de bazins par jour et on se frottait bien les mains avec un bénéfice d’au moins 30 000 F par jour”, témoigne Fanta Mariko, teinturière à Hamadallaye.

Le moins que l’on puisse dire, est qu’avec cette pandémie, si d’aucuns préfèrent rester à la maison en évitant tout contact, d’autres préfèrent se faire belles en faisant leurs courses pour être au top pour la fête, comme Mariam Sanogo. Pour elle, “à chaque fête je fais mes achats des pagnes bazins en toute tranquillité puis les amener chez ma teinturière”.

Aïchatou Konaré

 

FETE DE RAMADAN

Pas assez d’engouement chez les vendeurs de prêt-à-porter

 La fête de ramadan arrive à grand pas. Mais la conjoncture économique est en défaveur des marchés, surtout des prêts à porter.

 Les Maliens fêteront le ramadan dans un contexte très difficile dû à la fois à la conjoncture économique et au Covid-19 qui continue d’affecter les ménages, les entreprises et les commerçants. Quelques produits qui sont sur les marchés ont connu une hausse spectaculaire et même chez les vendeurs d’habits.

C’est dans cette perspective que nous avons sillonné quelques boutiques de prêt-à-porter de la place pour voir l’ambiance chez les vendeurs. Aux Halles de Bamako, un père de famille, S. T., accompagné de ses 3 enfants, s’arrête chez Fomba Seyba, un vendeur de prêt- à- porter situé dans le “Bloc C” des Halles Houphouët Boigny de Bamako. Le prix du pantalon et du T-shirt proposé pour ses 3 enfants est élevé par rapport à sa bourse. Malgré qu’il ait marchandé, il n’est pas parvenu à acheter tous ce qu’il voulait. “L’année dernière, j’ai acheté les pantalons moins chers. Ils disent que les frontières sont fermées”, a affirmé S. T.

Modibo, un autre père de famille est venu acheter 3 complets pour ses enfants. Après d’intenses négociations, Modibo a abandonné car, les prix étaient hors de sa bourse. Il est parti tenter sa chance chez un autre vendeur.

Pour Fomba Seyba, “la cherté n’est pas de notre faute, nous sommes dans une situation très difficile il n’y a pas d’argent. Depuis février mon conteneur est bloqué avec la fermeture des frontières”.

Á quelques encablures, Moussa Tangara un vendeur de chaussures explique la timidité du marché “vraiment ça va pas cette année, d’habitude deux semaines avant la fête, les clients se bousculent mais cette fois-ci ils viennent en compte goûte”.

Sur 6 boutiques sillonnées, le constat reste le même et pour bons nombres de vendeurs de prêt-à-porter “si cette morosité continue nous serons obligés de revoir nos prix”, nous confie.

Ousmane M. Traoré

(stagiaire)

 

 TRESSES

La modernité l’emporte

 Les nattes, et les tresses sont des techniques de tresses essentiellement africaines. De l’antiquité à nos jours l’art de la coiffure est transmis de génération en génération ; de mère en fille. Les perruques tendent à faire disparaitre cette tradition.

 Il fut un temps où les femmes loin de détester leurs cheveux crépus, en tiraient toutes sortes d’œuvres d’art. A l’état naturel les cheveux de types africains présentent la particularité de pouvoir être travaillés de manière très élaborée car ils conservent facilement la forme donnée.

La texture laineuse et dense de nos cheveux nous inspirent, nous poussent à nous surpasser dans la créativité et la sophistication esthétique. Mais aujourd’hui il est bien passé ce temps où chaque africaine parée de ses tresses aux lignes compliquées et ornées de perles ressemblait à une reine. Loin d’être simplement fonctionnel, elle constitue une véritable pratique sociale, rituelle, cérémonielle, initiatique ou tout simplement conviviale, à laquelle on consacrait des heures voir des jours.

Les cheveux font toujours l’objet de nombreux soins. Ils peuvent être enduits de graisse animale mêlée d’une teinture qui a pour but principal, indépendamment de son côté esthétique de protéger la tête contre les parasites. Il a toujours constitué un élément central dans l’esthétique africaine, considérer comme une parure en soit, au même titre qu’un bijou ou une étoffe, nous explique notre grande mère Mariam Fofana.

Auparavant, les tresses étaient signes de reconnaissance ethnique, marqueurs de différence entre les tranches d’âge (jeunes filles et les femmes) ,par ailleurs elles sont un élément aussi artistique qu’identitaire.

Chez nous par exemple, elles sont d’abord un élément d’identification culturelle et sociale. Dans certaines communautés comme chez les peuhls, c’était aux esclaves et aux gens de castes uniquement que revenait la tâche de tresser les femmes nobles.

L’amour, la déception, le déshonneur, le deuil s’expriment également par la coiffure comme au Khaso, Macina, chaque coiffure avait une signification. Et le modèle de coiffure permettait d’identifier une nouvelle mariée, une veuve, une femme libre de tout engagement (divorcée), une fille nouvellement excisée.

Malgré sa fantaisie apparente, la coiffure africaine est très codée. Dans certaines communautés, où le haut du crâne représente le siège de l’âme, on observe encore de nombreuses coiffes correspondant à des étapes de la vie : la naissance, l’initiation, le mariage et le deuil.

De nos jours, par la civilisation ses modèles de coiffage ont disparu. Nos jeunes filles tiennent plutôt à faires des perruques ou se faire tisser avec des mèches pour avoir les cheveux longues.

Selon Aminata Macalou coiffeuse au marché de Médine, les anciens modèles de coiffages ne sont plus à la mode. Les jeunes préfèrent se faire des tirés (technique de placage des cheveux avec du gel) ou encore des tissages court ou longue. Qui pour eux sont plus civilisé. Par contre ceux qui font des nattes sont plutôt des nouvelles mariées dans leurs chambre nuptiale et les nouvelles mamans et ceux pour un temps terminé après ils retournent à la nouvelle mode.

Aïchatou Konaré

 

FETE DE RAMADAN

Une manifestation de la solidarité

 L’Aïd Fitr arrive donc après 29 ou 30 jours de jeûne. Il désigne ainsi, la fête de la rupture du jeûne, l’occasion de célébrations et de fêtes. Lorsque le jeûne est terminé, les musulmans se rendent dans les mosquées en début de matinée, vêtus de leurs plus beaux vêtements (souvent nouveaux), pour la première prière de l’Aïd. Des présents sont ensuite remis aux enfants, des festins sont organisés et des visites aux parents et amis effectuées, des aliments sont aussi donnés aux pauvres (zakat al-fitr).

Les musulmans profitent de ce jour de fête pour rendre visite à leurs amis proches et leur famille. Certains musulmans considèrent qu’une fête doit durer 3 jours, donc ils célèbrent l’Aïd pendant 3 jours. La prière est de deux rak’aahs seulement et elle est optionnelle (sunat) par opposition aux cinq prières quotidiennes prescrites.

Selon l’Imam du centre culturel islamique de Bamako, Idrissa Diarra, la fête de ramadan est une fête importante de l’islam dont les fidèles musulmans se rassemblent traditionnellement dans les mosquées pour une prière commune. C’est un jour pendant lequel les musulmans sortent nombreux pour célébrer la fête en commençant par la prière. Mais avant cela, ils doivent donner un sacrifice pendant qu’ils célèbrent la prière. Ce sacrifice, dit-il, doit être donné aux pauvres afin qu’eux aussi se sentent dans la joie le jour de la fête, qu’ils arrivent avoir au moins le décent, le minimum pour vivre avec l’aide de leurs coreligionnaires.

L’Imam Diarra estime que c’est une recommandation de Dieu que les musulmans doivent observer. Pour lui, cette fête religieuse est pleine de significations et une occasion  pendant laquelle, le musulman doit manifester la solidarité.

Toutefois, pour cette année, tous les indicateurs dénotent que les musulmans vont probablement devoir fêter sans pouvoir se rassembler dans les mosquées et les salles de prière, comme le veut la tradition à cause du coronavirus.

Ibrahima Ndiaye

Source : Mali tribune

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