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Propos de l’ancien président de la République, Amadou Toumani, à Alain Foka de RFI, vers la fin de son règne, et qui peuvent toujours nous inspirer – MALI CANAL
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Propos de l’ancien président de la République, Amadou Toumani, à Alain Foka de RFI, vers la fin de son règne, et qui peuvent toujours nous inspirer

« Je suis à la retraite, mais Officier-Général. J’ai passé par l’école de guerre…et par les académies soviétiques. Je sais de quoi je parle. Lorsque les politiques me parlent, je les écoute ; lorsque les diplomates me parlent, je comprends ; lorsque les militaires me développent leurs manœuvres, je les comprends.

Je pense que le Mali jusque-là, a essentiellement fait de se défendre et protéger ses populations. Nous n’avons voulu nous entraîner dans une guerre que les autres veulent, parce que nous ne la voulons pas. Ceux qui pensent que je vais agir en militaire, ils se trompent. Je vais agir en Président de la République, parce que je suis le Président de tous les Maliens, de tous les Touaregs, de tous les Peulhs, de tous ceux qui sont dans la République. ……

Ce n’est pas mon sens militaire qui me commande. C’est mon sens de patriote, c’est mon sens plutôt d’homme d’Etat, d’homme lucide qui me commande. Je ne peux pas écouter les bruits de ville, de gens qui ne savent pas de quoi ils parlent et pensent qu’il n’y a qu’à faire la guerre. Non, je ne ferai pas de guerre. Nous devons plutôt tout faire pour que la paix revienne au Mali.

Le problème du nord dure depuis cinquante ans (50 ans) puisque nos pères l’ont géré, nos aînés l’ont géré, nous aussi, nous le gérons, nos cadets et nos fils vont continuer à le gérer. Ce n’est pas un problème qui va finir demain. S’il y avait à choisir entre le Mali et la guerre, je choisirai le Mali.

Les rebelles du MNLA sont de connivence avec Aqmi, une menace internationale venue d’ailleurs, qui a des ramifications plus lointaines que l’on ne le croit. Nous pensons qu’Aqmi, pour le combattre, il faut se munir de tous les moyens suffisants, pas seulement militaires. La guerre contre le terrorisme, n’est pas seulement militaire, c’est un problème de développement, de sécurité, de défense.
Depuis 2006, j’ai demandé une conférence des Chefs d’Etat, je ne suis pas parvenu à l’avoir.

C’était pour que nous dégagions une vision ; nous avons perdu six ans pour que cette rencontre puisse voir jour, en vain ! Aqmi est transfrontalier, donc, la réponse doit être transfrontalière.

Il faut aller tous ensemble, occuper toute la bande avec nos armées, aller avec un programme de cinq ans ; créer une cohabitation qui ne sera pas profitable à Aqmi. Prenons tout le désert.

Un seul pays n’a pas les moyens de combattre ces gens-là, parce qu’ils auront toujours le repli tactique d’aller dans un pays voisin parce que là où ils mangent à midi, ils ne déjeunent pas, là où ils dînent, ils ne dorment pas, ils sont en constant mouvement, de frontière en frontière. Il faut dans ce cas, que tous ensemble, nous les bloquons.
Le Mali est partisan ».

 

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