Warning: Creating default object from empty value in /home/malicanal/public_html/wp-content/plugins/news247-main/includes/framework/inc/class.redux_filesystem.php on line 29
Présidentielle 2018 au Mali : après la tempête, s’annonce l’orage ! – MALI CANAL
Actualité Politique

Présidentielle 2018 au Mali : après la tempête, s’annonce l’orage !

Pour peindre la différence qualitative entre le Soudanais (d’hier) et le Malien (d’aujourd’hui), Tiégoué Amadou Ouattara disait: «Après l’indépendance acquise dans un désastre politico-social, des contradictions aiguës sont apparues entre les intérêts immédiats des Maliens en tant qu’individu et les intérêts supérieurs du Mali en tant que nation vouée à son destin historique. Le Soudanais était devenu le Malien et ceci n’est pas une simple question de vocable.

Il y a entre le Soudanais et le Malien une différence de qualité dans le comportement et dans la vision du monde:

– Le premier était réputé pour son attachement à certaines valeurs traditions comme la franchise, la fidélité à la parole donnée et à l’amitié sans calcul, l’honnêteté et l’intégrité. Toutes ces valeurs morales étaient acquises dans une ambiance sociale qui lui enseignait le courage et la tolérance au point d’en faire un homme résigné et fataliste… capable ce sacrifier l’intérêt individuel au salut de la collectivité, le présent aux incertitudes dans l’avenir.

– Le Malien au contraire, apparaît plus matérialiste (au sens d’être assoiffé d’argent  et ou de biens matériels) plus calculateur. Il est le produit bâtard d’une manœuvre politique à laquelle l’a initié le colonisateur. .

L’élection présidentielle du 29 juillet 2018 fera date dans les annales de l’histoire politique de notre pays.

En 1980, Alpha Oumar Konaré a posé avec fracas la fatidique question: ’’Où va le Mali ?’’. Aujourd’hui encore, la question reste entière à tel point qu’elle se veut de plus en plus sempiternelle. Pour bien saisir cette question et sa portée sur la devenir de notre pays, il importe de se poser une autre: ‘’d’où vient le Mali ?’’. Il ne s’agira pas ici de faire une page d’histoire sur notre pays. Nous dirons simplement qu’à la faveur de l’indépendance nationale proclamée, le 22 septembre 1960, la première République a opté pour «le socialisme» (ou plus exactement le nationalisme).

Pendant huit ans de dur labeur, le régime nationaliste de Modibo Keïta a travaillé à fonder l’homme nouveau, celui débarrassé à jamais du carcan de la domination coloniale. La fondation de la personne humaine imbibée du sens élevé de la patrie et du don de soi pour la collectivité avait bien débuté sous le régime Modibo Keïta. Hélas ! C’était sans compter avec les forces du mal dirigées à l’intérieur par le lieutenant Moussa Traoré.

Pendant vingt-trois (23) longues années de dictature militaro-udpmiste, Moussa a commis le crime le plus abominable: celui de la destruction du tissu socio-humain qui faisait entre autres, la grandeur et la dignité de notre peuple. Comme pour dire que le plus grand crime commis par l’apache régime de Moussa Traoré était d’initier la dénaturation et la désagrégation du tissu socio-moral de l’homme malien.

Désormais, les Maliens ont amorcé un virage nouveau dans leur processus de survie et de développement avec la création d’un mode de vie fondé sur l’affairisme, le clientélisme, le népotisme, la gabegie et l’appât du gain, en tout cas tout sauf le sens de la patrie et de la défense du bien commun.

En vérité, le Mali est tombé, depuis le 19 novembre 1968, lors que Moussa Traoré à la tête du prétendu Comité militaire de libération nationale (CMNL), a donné un coup d’arrêt à l’œuvre nationaliste de la première République.

Le 26 mars 1991, le mouvement dit ‘’démocratique’’ est venu à bout du régime de la deuxième République. La troisième République sortie des entrailles de la deuxième a tout simplement développé et conduit à son terme la désagrégation du tissu socioéconomique et moral national.

Nul doute aujourd’hui que les ‘’démocrates’’ ont tout simplement achevé de souiller l’honneur et la dignité de notre peuple travailleur. La troisième République a construit de toute pièce une bourgeoisie nationale arrogante et complètement apatride qui ne s’est donnée pour seul gage que la spoliation sans vergogne des masses travailleuses de notre pays.

Cette situation pour le moins assassine de l’espoir de tout un peuple confirme à suffisance que constat politique amer  du président ghanéen Kwamé Nkrumah qui disait: «La bourgeoisie africaine dès sa naissance avait déjà atteint l’âge de la maturité de la bourgeoisie industrielle.»

Pendant que notre peuple se meurt de tous les maux à l’œuvre en Afrique, les politiciens véreux et apatrides se taillent des paradis terrestres en foulant au pied le sens élevé de la décence, de la franchise, de la fidélité à la parole donnée, de l’honnêteté et de la dignité nationale. Leurs maisons de fortune et leurs voitures de derrière génération poussent de terre au Mali comme des champignons.

En se rendant dans certains quartiers somptueux de Bamako et en longeant les grandes artères, l’on a l’impression qu’au Mali ça va. Pendant ce temps, ce sont des Maliens qui meurent de faim, de malnutrition, des maladies les plus simples et d’une école de plus en plus dans le creux de la vague.

Pour tout dire, les ‘’démocrates‘’ maliens ont fini de construire des fortunes colossales par le vol, les détournements de deniers publics, la surfacturation, les marchés de gré à gré, avec à la clé l’ignoble achat des consciences, la corruption et la délinquance financière. Ainsi, si sous Alpha Oumar Konaré, le Mali a enregistré, hélas, vingt et un (21) milliardaires dont quinze hauts fonctionnaires, sous le règne du président conteur ATT, ce chiffre a atteint une macabre taille à savoir quarante et un (41) milliardaires selon beaucoup de sources. Pendant ce temps, l’on ne sait vraiment pas ce que le Vérificateur de la République fait pour arrêter la corruption et la délinquance financière qui tue à notre peuple tout espoir en l’avenir, toute chose qui affame et humilie ce peuple travailleur.

Les différents de la troisième République ont forgé deux (02) sens de la vie pour notre pays: la crapaud-cratie et le fatalisme.

Rappelons que la crapaud-cratie consiste pour les populations à crier plus fort pour être regardées. Tandis que le fatalisme exprime un désespoir complet en l’avenir et la disposition d’attendre son sort. ‘’Advienne que pourra !’’. Notre peuple, pour le ratatiner a été phagocyté par ces ‘’démocrates’’ en mal de crédibilité, à telle enseigne qu’il s’est retrouvé à la merci du vent et de l’immoralité.

Pour l’assujettir, les ‘’démocrates’’ félons se sont donnés à cœur joie à sa soumission servile à sa situation de misère chronique. Cette  pratique du corps politique est plus que séculaire.

A cet effet, Aristote disait que le tyran a tout intérêt à engouffrer les masses dans la misère pour pouvoir jouir sans état d’âme des délices du trône. Il a écrit: «Il est aussi dans l’intérêt d’un tyran de garder son peuple pauvre pour qu’il soit si occupé à ses tâches quotidiennes qu’il n’ait pas le temps matériel pour la rébellion.» Que pouvait-on donc attendre de notre peuple en désarroi dans la foulée d’une élection présidentielle à un moment où il croupit de misère humiliante ?

Il importe de se rendre à l’évidence avec Fidel Castro qu’«il n’est pas difficile d’éveiller les appétits, les instincts négatifs, l’égoïsme de l’homme. L’homme doit être éduqué. Nous disons en d’autres termes : le vice est spontané, la vertu elle, doit être cultivée…».

L’élection présidentielle de 2018 comme pour respecter la tradition politique au Mali, a été l’expression parlante de l’achat des consciences maliennes. Cela se comprend dans la mesure où les Maliens, pris dans le tourbillon de la misère accablante et à l’absence d’éducation au patriotisme et au sens élevé de la probité morale se sont livrés à la vente de leurs consciences aux candidats les plus offrants.

Les résultants du premier tour de la présidentielle montrent à suffisance que les électeurs ayant perdu tout crédit dans les politiciens maliens, ne croient plus au bien mondé d’un choix responsable et patriotique pouvant enfin changé la situation socioéconomique nationale.

Il est incontestablement  établi au sein de nos masses laborieuses que parmi les vingt-quatre (24) candidats du premier tour de cette présidentielle de 2018, seuls deux sont perçus comme les seuls capables d’insuffler une dynamique nouvelle dans la marche de notre peuple pour le mieux être socioéconomique et culturel dont il a pleinement entièrement soif: il s’agit, à moins de nous tromper de Cheick Mohamed Abdoulaye Souad dit Modibo Diarra et docteur Oumar Mariko, respectivement les candidats du Rassemblement pour la démocratie du Mali (RpDM) et donc de la coalition Cheick Modibo Diarra (CMD 2018) et du Parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance  (SADI). Les raisons de ces jugements sont entre autres, que Cheick Modibo Diarra a fait tâche d’huile à la primature pendant la courte transition de 2012 en termes de rigueur budgétaire.

De son côté, Oumar Mariko a toujours été au chevet des plus démunis pendant tout son parcours politique de la deuxième et de la troisième Républiques.

Malheureusement, comme le dirait Marx «L’être social détermine la conscience sociale»: la situation de misère humiliante dans laquelle les électeurs maliens se retrouvent depuis la chute de Moussa Traoré les a poussés à se tourner vers les plus offrants.

Ainsi, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta (41,42%) et Soumaïla Cissé (17,78%) ont été les deux (02) finalistes d’une élection, où s’est l’argent qui a circulé à flot ainsi que les promesses de poste au cas où. En tout cas, il n’y a pas de doute sur l’échec de la gestion du président lors de son premier mandat.

Quant à Soumaïla Cissé, rares sont les Maliens qui ignorent son passage peu flatteur à la Compagnie malienne pour développement des Textiles (CMDT) et sa place dans le Front unis pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR) contre nos soldats qui ont tenté de redonner confiance à notre peuple en mettant un terme au règne du général conteur, «grand médiateur» dans les conflits en Afrique mais qui été totalement incapable d’anticiper et d’empêcher l’occupation par les rebelles du septentrion malien.

Le deuxième tour de cette élection  présidentielle a vu IBK crédité selon la Cour constitutionnelle de 67,16% des suffrages exprimés contre 32,82% pour son challenger Soumaïla Cissé. A la lumière de ces résultats, la tempête prévue par les démons des troubles est passée (semble-t-il).

Mais pour autant, l’orage n’est pas pour le moment dissipé dans le firmament malien. Bien au contraire et pour cause:

– Côté présidentiel, on savoure déjà la «victoire» sans oublier cette petite phrase du président sortant et donné vainqueur au second tour. Il a déclaré en substance que celui qui veut brûler le Mali se brûlera lui-même.

– Pour autant, Soumaïla Cissé ne semble pas vouloir boire ‘’le vin déjà tiré’’. Pour lui, il a remporté le second tour avec 51% des suffrages exprimés par les Maliens. Ainsi:

+ Pour revendiquer la victoire le chef de file de l’opposition a organisé samedi 1er septembre une marche de protestation pour dire à IBK qu’il n’a pas gagné la confiance des électeurs au second tour et qu’il veut usurper le pouvoir et cela sans aucune légitimité.

Notons que ladite marche a été particulièrement bien suivie sur toute l’étendue du territoire national (la marée humaine observée à Bamako doit donner à réfléchir au président de la République.

+ Aussi, pour approfondir le fossé entre IBK et lui, Soumaïla Cissé entend prêter serment, ce lundi 3 septembre, (selon nos informations) au palais des Sports Salimata Maïga, à l’ACI 2000.

– Selon les dispositions de la Loi, IBK donné gagnant au second tour par la Cour Constitutionnelle prêtera serment, mardi le 4 septembre courant.

A ce stade de l’évolution de la crise post- électorale au Mali, une situation d’anarchie s’installe allègrement aux dépens des masses laborieuses de notre pays: pendant que le président IBK s’est proclamé président de la République pour un second mandat à l’issue d’une élection pour le moins peu honorable parce que tenue sur un fond d’achat des consciences et de résultats pour le moins contradictoires d’un camp à l’autre, son protagoniste Soumaïla Cissé s’avoue président  légitime du peuple malien.

Deux (02) scénarios pour le traitement de ce litige pointent à l’horizon dans les jours qui suivent, le 4 septembre:

– Premièrement, le cas de 2010 en Côte d’Ivoire qui a enregistre un fauteuil présidentiel pour deux présidents en l’occurrence le président sortant Laurent Gbagbo et le candidat du RDR Alassane Dramane Ouattara. La suite, on la rappell : le palais de Cocody a abrité le président sortant et son équipe et l’hôtel Golf a logé Ouattara. La course contre la montre s’est engagée entre les deux hommes et donc aussi les affrontements militaires. L’issue, là aussi, est connue : Ouattara a eu raison de Gbagbo.

– Deuxième scénario en Afrique fut le cas, en 2017, du litige ayant opposé Uru Kenyatta (le président sortant) et son challenger Raïla Odinga. Dans ce second cas, la Cour a jugé utile de renvoyer les deux (02) candidats encore dans les urnes. Uru ressortit gagnant.

Mais force est de constater que le cas malien diffère de ces deux scénarios de part les réalités sociopolitiques différentes.

– Dans le cas malien, il faut avant tout dire que les politiciens maliens se sont totalement décrédibilisés aux yeux des masses laborieuses du Mali. Par conséquent, personne n’a plus confiance en ces ‘’démocrates’’ maliens englués  dans les manœuvres politiques illicites des consciences nationales.

– Nul doute que la gestion d’IBK lors de son premier mandant a été chaotique,  un échec cuisant sauf pour ceux qui n’ont pas le moindre souci de l’intérêt national.

– Nul doute que les votes du 29 juillet et du 12 août courant ont brillé par l’affairisme, l’achat des consciences et la manipulation des chiffres. Ainsi, les chiffres obtenus par les différents candidats ont laissé bien de Maliens sur leur faim parce que comptant enfin sur un locataire de Koulouba acquis au changement et surtout proche des masses travailleuses.

– Le staff de campagne de Soumaïla Cissé ne pouvait donner meilleur résultat pour qui connaît les hommes qui le composent.

– L’appel du jadis populaire chroniqueur malien Ras Bath a voté pour Soumaïla ne pouvait être entendu par ceux qui connaissent bien l’homme au Mali. Si donc les Maliens ont voté pour IBK c’est beaucoup moins parce qu’il leur inspire confiance mais parce qu’ils ne veulent pas de Soumaïla Cissé pour les raisons qui sont les leurs: une petite enquête auprès des populations le démontrent à suffisance.

La crise post- électorale est donc si profonde qu’elle plonge le Mali dans une impasse profonde. Pour combien de temps ? Mais la cantatrice de Sikasso Sali Sidibé dit dans sa chanson patriotique ‘’Na ka niakami’’ que ce sont les Maliens qui sont habilités à résoudre les problèmes qui se posent à eux. Comme pour dire que notre peuple mesure déjà toute la teneur de l’avertissement historique du président Modibo Keïta à l’adresse de la jeunesse malienne. Il a dit: «Lorsque les propriétaires deviennent des observateurs, c’est le festival des brigands

Tout compte fait le Mali ne saurait durer longtemps dans ce terrible cafouillage politique qui ne l’honore point après le sacrifice, en 1991, de 224 de ses fils et de ses filles.

En effet, le silence du peuple malien face à cette fausse démocratie ne signifie nullement qu’il a donné sa caution à ses faux démocrates maliens. A ce sujet, lui Auguste Martin disait: «Le silence d’un peuple n’est qu’un effet de contrainte et non pas une adhésion volontaire à la servitude ; c’est, le plus souvent, le couvre-feu d’une révolte à venir

Que Dieu sauve le Mali et son peuple des tribulations politiciennes !

Fodé KEITA

Source : L’Inter de Bamako

 

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez respecter le droit d'auteur