Politique

Nouvelle rencontre IBK/Soumi: ce dont il sera question

Après le déblaiement du terrain du dialogue, par un tête-à-tête, le 27 février 2019 à Koulouba, une nouvelle rencontre annoncée aujourd’hui (ou demain) entre le Président IBK et l’Honorable Soumaïla CISSE, permettra d’aller au fond des sujets qui fâchent : le contentieux électoral ; la création d’un cadre de dialogue ; l’approche des réformes en chantier ; la crise sécuritaire, économique et financière, sociale. Il s’agira de passer au crible, la gouvernance générale du pays qui aurait besoin d’un lifting.

Si le Président de l’URD, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, a lâché du lest en mettant un terme à ses manifestations hebdomadaires, certains comptes ne sont pas encore soldés. Certes, la phase de la contestation de l’élection d’IBK est close, en atteste l’acceptation d’une rencontre avec lui en sa qualité de Président de tous les Maliens. En atteste également qu’à l’issue de leur entrevue de fin février, il botte en touche la question de la réélection d’IBK : « vous savez, nous n’avons même pas parlé de ça. Nous n’avons pas parlé des histoires de reconnaissance ou pas ». Mais, il n’en demeure pas moins que l’honorable Soumaïla CISSE rumine encore sa défaite qu’il impute ouvertement à des tripatouillages, une fraude massive, l’achat des consciences, visant à permettre au Président IBK de rempiler pour un second et mandat. Il a fait savoir ses réserves à la Mission de la CEDEAO, en séjour dans la capitale, en octobre 2018, pour échanger avec les acteurs de la crise politique en vue de trouver un terrain d’attente. Il n’a eu de cesse de les marteler. Lors de son tête-à-tête avec son challenger au second tour de la présidentielle de 2018, il en a également été question : « la nécessité certainement de revoir la Loi électorale, de voir la façon dont les scrutins sont abordés, on en a parlé. (…) On est en crise électorale. Bien sûr, il faut revoir les modes de scrutin. Il faut mettre tout ça sur la table. On a parlé de tout ça ». L’on comprend qu’il jette un regard circonspect sur la révision de cette Loi électorale. Une Loi dont les limites ont par ailleurs été mises à nu par différentes missions d’observation électorale. Cela, à en croire nos sources, occupera une place de choix dans le débat entre les deux personnalités politiques.

Un autre sujet d’intérêt devrait être le cadre du dialogue qui peine à se dessiner. Sur ce plan, c’est le réalisme politique qui dicte sa loi à l’euphorie de la matérialisation de la main tendue du Président IBK. Quelle sera la formule du dialogue ? Quel contenu faudra-t-il lui donner ? Voilà des questions de fond qui devraient être débattues. Ce, d’autant plus que le Gouvernement semble surfer sur les divisions sur la forme du dialogue (dialogue politique national pour l’URD ; dialogue national refondateur pour les FARE…) pour imposer son Cadre de concertation qui, lui, a réussi à faire l’unanimité d’être rejeté par l’Opposition. Il est évident que cette question ne trouvera pas sa réponse dans la fuite en avant. Et celle timidement avancée par le Président IBK, lors de sa rencontre avec sa majorité, n’est guère davantage explicite et fédérative : « c’est pourquoi le Cadre de concertation nouveau, il est vrai que ce n’est pas la panacée, il est clair également aussi que tout le monde de l’action politique nationale aujourd’hui devrait pouvoir en être, donc les critères soient rigoureux et que chacun qui le souhaite et dont la parole est entendue et écoutée par le pays soit de la partie. Nous sommes tous concernés. C’est tout à fait légitime qu’on me le demande et nous y sommes absolument acquis ». L’équation est désormais : s’il est acquis que le Cadre de concertation, de surcroît rejeté par les Partis politiques (à l’exception notable de ceux de la Majorité présidentielle), n’est pas la panacée, pourquoi ne pas proposer un cadre de dialogue consensuel plus ambitieux, en termes d’objectifs et plus ouvert ?

Il y a aussi l’approche des réformes en chantier qui donne lieu à un incroyable embrouillamini du cadre du dialogue politique ou national avec un cadre de concertation qui jusque-là semble naviguer sans cap prévis, aux visées divergentes.

Il faudra donc à s’attendre à ce que les débats se déroulent à la mesure de la gravité des sujets qui seront abordés.

Ce qui réconforte, d’ores et déjà, c’est que les partenaires politiques ne se rencontreront pas en ayant le couteau entre les dents. Ce ne sont pas des positions tranchées qui s’affronteront, même s’il y a des questions de principe qui doivent être traitées comme tels. Cet apaisement a été donné par le Chef de file de l’Opposition, à l’issue de sa rencontre du 27 février dernier, avec le Chef de l’État : « après il faut mettre de l’eau dans le vin pour que nous puissions nous rassembler et trouver les chemins pour une sortie de crise ». Même assurance du côté du Président IBK en recevant sa majorité à Koulouba : « je ne considère aucun de mes frères comme un ennemi. Aucun ! Nous pouvons avoir des divergences sur la même manière de conduire les affaires, sur la Vision à terme, mais s’il est vrai que nous avons le même amour de ce pays, nous ne pouvons que nous retrouver en un pont de convergence pour le bonheur du Mali et des Maliens ».

Si les propos des uns et des autres sont à la mesure de leur sincérité, de leur engagement pour le Mali, les fruits devraient tenir la promesse des fleurs pour que le pays se porte mieux.

PAR BERTIN DAKOUO

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