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Editos / Contributions

Négociation avec les jihadistes : la France est paniquée

La France est paniquée depuis que le président IBK a assumé publiquement sa volonté d’explorer des canaux de négociations avec les chefs djihadistes maliens que sont Iyad et Koufa, en suivant une forte résolution de notre dialogue national inclusif. Il a chargé le président Dioncounda Traoré qui est celui qui a fait appel à la France pour un appui aérien en 2013 afin de repousser une colonne djihadiste qui a percé le système défensif malien à Konna pour s’emparer de l’aéroport de Sévaré. Ainsi, ils priveront les troupes africaines prépositionnées dans le cadre d’une offensive visant à les déloger du septentrion malien, de cette infrastructure très stratégique pour faire décoller les avions pour des frappes aériennes. La fable dramatique que la France a inventé selon laquelle cette colonne se dirigeait sur Bamako est fait à dessein pour obtenir le feu vert du Conseil de sécurité afin d’intervenir.
Rfi et France 24, leurs médias de propagande, sont entrés en campagne de dénigrement de cette initiative très acclamée par tous les Maliens. Ils font intervenir l’inclassable Moussa Mara, un singleton, sur leur onde, (qui veut toujours se particulariser avec sa notion de Yèlèma, qui n’arrive pas à séduire les Maliens), déclarer son scepticisme face à cette initiative. Lui-même qui est un rat des mosquées et des milieux islamiques de la capitale révèle ainsi son hypocrisie en se faisant passer pour un croyant sincère.

Les journalistes de Rfi sautent de joie en diffusant sa voix dissidente pour affirmer au monde que la classe politique malienne est divisée sur cette initiative. Pendant que je rédige mon post, c’est Soumi, qui ne désapprouve pas l’initiative bien que Rfi avoue le contraire parce que le journaliste est malhonnête, émet des réserves sur la capacité d’IBK de négocier de bons accords en se référant à l’accords de paix actuel qui rencontre des problèmes dans son application.

Pourtant, Mara était parmi les grands animateurs du DNI (dialogue national inclusif), au cours duquel cette résolution a été adoptée. Il devait garder sa réserve pour lui-même au lieu de le dévoiler à un média hostile à notre pays. À moins qu’il veuille donner des gages à la France pour se positionner à la succession d’IBK en 2023. Soumi n’a pas participé au DNI, mais n’émet aucune réserve sur l’initiative. Je passe cette parenthèse que je voulais souligner néanmoins. Il faut faire attention en s’adressant à ces médias hostiles qui sont en mission de désinformation.
Je veux rappeler à la France :
1- que ce sont eux qui ont envoyé les troupes touaregs libyennes vers le Mali en les promettant l’indépendance de l’Azawad qu’elle n’a pas pu honorer. Les négociations de paix ont repris les mêmes propositions du Pacte national conclu à l’interne avec les rebelles deuxième vague (1990-1994) dirigés par le même Iyad Ag Ghaly qui a signé au nom de tous ses compagnons dont certains ( Zahaby et d’autres) restent fidèles à ce pacte qui est plus sacré qu’un accord obtenu au forceps.
2- Il a été reproché à la France par tous les présidents du Sahel dont Idriss Derby du Tchad, de sa responsabilité dans la déstabilisation de la Libye en se servant des islamistes de Benghazy avec un “média mensonge énorme” pour entraîner l’OTAN et le Conseil de sécurité dans ce désastre qui dure depuis 2011. Ces États occidentaux prédateurs devant l’éternel, se sont rués sur les énormes réserves monétaires que Kadhafi a placé dans leurs banques en allant fouiller dans son palais, bombarder tous les documents dont les preuves du financement de la campagne de Sarkozy.
3-La France a laissé le Nord du Mali sous occupation djihadiste en disant qu’elle ne va pas intervenir mais va aider les troupes prépositionnées de la Cédéao pour leur intervention. Mais, elle va laisser la situation pourrir car, son schéma d’indépendance de l’Azawad a été avortée par les djihadistes qui ont chassé leur poulain, le MNLA. Ils vont profiter de l’opportunité de l’appel au secours du président par intérim Dioncounda Traoré pour intervenir avec leur stratégie et calendrier qui a révélé aux Maliens leurs vraies motivations. Au lieu de se contenter de l’appui aérien demandé, ils vont envahir notre pays en envoyant des troupes au sol avec une logistique impressionnante.
4-Après Serval qui a atteint ses objectifs, elle devait se retirer en laissant les troupes africaines le reste du boulot de stabilisation.
Mais la France ne serait pas la France néo-coloniale qu’elle est, si elle se retire d’un pays dont elle a la chance de fouler à nouveau les terres après avoir été renvoyée auparavant comme un malpropre en 1961. Elle va sortir de ses cartons un vieux projet d’invasion du Mali qu’elle va appeler Barkhane qu’IBK va signer sous forme d’un innocent accord de coopération militaire. Sous le couvert de cet accord, la France va s’ingérer dans les affaires intérieures du Mali notamment le problème de la rébellion touareg sous prétexte de trouver une solution définitive. Pour le faire, il ramène les rescapés du MNLA à Kidal en défendant à l’armée malienne d’y aller.
Si la France a montré son intérêt pour l’obtention d’une quelconque concession minière, le Mali est prêt à le lui accordé en guise de reconnaissance (ou en contrepartie) pour son intervention militaire. Personne, au Mali, n’allait voir cela d’un mauvais œil car, les Maliens savent “qu’on ne fait rien pour rien” De Gaule nous a enseigné que “la France n’a pas d’amis mais des intérêts à défendre”. Mais la France va mettre à profit sa présence pour imposer un Accord de paix favorable à la minorité touareg qu’ elle va faire endosser par l’ ONU afin d’être contraignant pour le Mali. Cet accord n’est pas un traité international mais un accord entre parties libres de le dénoncer d’autant plus que la partie belligérante refuse de désarmer pour contraindre l’Etat malien, qui est le maître d’œuvre, qui est chargé de sa mise en œuvre. L’autre protagoniste n’a pas le droit de tenir le pistolet sur la tempe de l’Etat malien jusqu’à ce qu’il exécute ce qu’il a signé. Cela ne s’est vu dans aucun pays du monde. C’est cela qui bloque psychologiquement les Maliens. En le faisant, le protagoniste sait qu’il a obtenu quelque chose d’anormal qu’il n’aurait jamais dû avoir. Pourtant, il ne l’aura jamais.

Abdoulaye Bah

Source : Malicanal.com

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