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Sécurité

Me Boubacar Karamoko Coulibaly sur la rencontre de Pau : “aucune situation de politique intérieure ne devrait justifier cette humiliation de nos autorités et partant de nos peuples”

Me Boubacar Karamoko Coulibaly s’est, sur sa page Facebook, prononcé sur la rencontre entre le président français, Emanuel Macron, et les chefs d’État des pays du G5 Sahel. L’avocat trouve humiliantes, les résolutions issues de ladite rencontre non seulement pour les autorités, mais aussi pour les peuples du sahel.

Les résolutions de la rencontre de Pau, en France, suscitent des débats dans les pays du G5 Sahel. Au Mali, Me Boubacar Karamoko Coulibaly désapprouve les déclarations des chefs d’État du Mali, du Burkina Faso, du Niger, du Tchad et de la Mauritanie. Il les trouve d’ailleurs « humiliantes ». « Je ressens un fort sentiment de frustration et d’humiliation, suite à la déclaration de nos chefs d’État en situation de nécessité, relativement à la poursuite de la mission de Barkhane sous nos latitudes », a-t-il écrit sur sa page Facebook.

Selon l’avocat inscrit au Barreau du Mali, les fautes commises par IBK et ses pairs sont injustifiables. « Aucune situation de politique intérieure ne devrait justifier cette humiliation de nos autorités et partant de nos peuples. Car la vérité sur cette mission est à chercher initialement au niveau de la Communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU », a-t-il martelé.

L’avocat, dans son document, est revenu sur les circonstances de la création de l’opération Barkhane. « Pensez-vous sincèrement qu’en lieu et place de l’assèchement du terrorisme pseudo djihadiste par Barkhane après l’efficace travail de Serval, des populations en seraient encore à s’émouvoir face à ces attaques de plus en plus meurtrières ? Assurément non », précise-t-il. A l’en croire, après le Serval, un retour massif des terroristes a été constaté dans le septentrion malien, comme pour convaincre de la nécessité de créer Barkhane.

Me Coulibaly affirme, sans tabou, que « les forces militaires occidentales engagées dans nos pays ont bien les moyens militaires comme elles l’ont en Syrie contre l’État islamique ou DAESH, et plus vite encore, de nous débarrasser de cette chienlit ». Il estime que si elles ne le font pas, les agendas entre les protagonistes n’ont pas encore coïncidé.

L’avocat a aussi jeté les pierres dans le jardin de Macron par rapport à sa sortie virulente contre les manifestants qui dénoncent la politique française au Mali. « Au lieu, pour la consommation intérieure, de mélanger coups de gueule des manifestants du Mali, réellement nourris par la frustration des fils et des filles d’une Nation amputée d’une partie de sa chair et de son âme (Kidal) du fait de son mandataire (Serval), avec rejet de Barkhane et de la France, n’aurait-il pas été simple de faire preuve d’humilité et de rassurer le Mali et les Maliens sur la question ? », s’interroge Me Coulibaly.

Il trouve que si la France s’engage, aujourd’hui, auprès des FAMas pour contribuer au retour effectif de la souveraineté nationale sur Kidal et dans Kidal, Macron aurait plusieurs homonymes au Mali et les manifestations contre la France vont cesser. Après avoir démenti les propos tendant à mettre dos à dos les peuples français et maliens, Me Coulibaly lance un appel pressant aux autorités françaises : « Respectueux de la France et de son grand Peuple auxquels nos dédicaces sont intactes malgré une certaine instrumentalisation tendant à faire croire le contraire, je voudrais respectueusement souhaiter et demander à la France politique et alliés, de faire l’effort nécessaire de se rabaisser à niveau de Plèbe, qui à raison, demeure confus et perplexe que tant de sciences et moyens militaires réunis depuis, soient inopérants au Sahel au contraire d’il n’y a guère longtemps en Syrie ».

Il faut préciser que Me Boubacar Karamoko Coulibaly a toujours fait des sorties pour dénoncer la position de la France sur le statut de Kidal. Joint par nos soins, il a précisé avoir fait cette déclaration en tant que citoyen malien, non pas en tant que vice-président de l’URD.

Boureima Guindo

Source : Le Pays

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