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Politique

Mali : les législatives du dimanche prochain à l’épreuve de la pandémie du coronavirus

Le gouvernement malien en maintenant coûte que coûte  la tenue des élections législatives du 29 mars prochain malgré  la confirmation de deux cas de malades de coronavirus crée, selon certains,  les conditions de propagation du virus et une faible participation aux scrutins.

Le Mali au système sanitaire vulnérable, en proie à la  menace terroriste s’apprête à convoquer plus de 7 millions d’électeurs aux urnes le dimanche prochain. Ce, au moment le monde entier peine à gérer la pandémie du COVID-19 obligeant le confinement d’un quart de la population mondiale. Quel risque !  Nombreux sont les  personnes interrogées et les observateurs de la scène politique malienne qui estiment que les conditions sanitaires ne sont pas réunies pour tenir des élections.  Beaucoup citent l’exemple du  gouvernement français  qui en est fait les frais de son entêtement à tenir le premier tour des élections municipales. Lesquelles ont été marquées par un taux de participation très faible avec les conséquences d’un boom de propagation de cas de personnes infectées par le virus du coronavirus obligeant les  autorités  à reporter le second tour et à prendre  des nouvelles mesures relatives au confinement  de l’ensemble du pays.

Comme s’il n’apprenait  pas des erreurs des autres, le premier ministre Malien, Dr Boubou Cissé,  déclarait, le jeudi dernier devant la presse, «   les élections législatives  auront lieu qu’il y ait ou qu’il n’y ait pas de cas  de coronavirus ». En décidant ainsi, le premier ministre a levé  toute ambiguïté  sur la tenue  de ces scrutins du dimanche prochain qui doivent réunir  aux urnes plus 7 millions de maliens.  Tout laisse croire que les opérations du vote  ne  limiteront pas la promiscuité des électeurs qui auront au mal à respecter les consignes de distanciation et s’y ajoute au contact  et les échanges de la  liste électorales entre les électeurs et les agents électoraux.

Loin de définir les mesures de protection que les électeurs et les agents électoraux doivent adopter le jour du scrutin, le système de santé malien est tellement vulnérable qu’il serait impossible pour le gouvernement de faire face à la gestion d’une pandémie en plus de l’insécurité qui sévit au nord et au centre du pays.

 La tenue des législatifs contraire aux mesures de préventions

Partisan affiché au report des élections législatives, Me Mountaga Tall a saisi, il y a quelques jours,  la Cour constitutionnelle aux fins d’annulation des scrutins arguant qu’elles violent  « de la loi sur les nouvelles régions et l’insécurité dans le pays ».  Ainsi, saluant les mesures de préventions déjà  prises, il a déclaré dans une vidéo de quelques minutes que  le  gouvernement doit prendre au sérieux la menace de la pandémie coronavirus.  « Au nom de la préservation de la santé, le pouvoir doit revoir sa copie sur la tenue du scrutin législatif du 29 mars. Il y va de la protection de notre pays contre la maladie qui fait des ravages »,a-t-il demandé. Cet ancien ministre de la communication, puis de l’enseignement supérieur d’IBK estime que  le maintien  de la campagne des élections législatives est en contradiction avec les mesures de préventions qui interdissent des attroupements de plus de 50 personnes.

Le Président de la plateforme contre le chômage,  Pr Clément Dembélé, estime qu’en absence  de  solution médicale et logistique pour faire face à cette pandémie,  il apparait indispensable et fortement responsable de reporter les élections législatives 2020 jusqu’à nouvel ordre.   Ce membre de la société civile insiste sur la nécessité de  trouver des  solutions médicales, logistiques et humaines efficaces.  « Tout laisse à croire aujourd’hui que cette pandémie n’épargne aucun pays et les risques de propagation sont tellement élevées que les rassemblements peuvent causer des dommages irréparables en vies humaines », a-t-il prévenu, qui appelle les Maliens au boycott des urnes.  De nombreux habitants de Bamako interrogés semblent favorables à un report des élections législatives afin de limiter les risques de propagation de la maladie.  Certains disent de ne pas se rendre aux urnes le dimanche prochain pour éviter de contracter le virus.

Avec les deux cas de personnes infectées du virus du coronavirus et la psychose que cette information est entrain de semer au sein de l’opinion bamakoise, le taux de participation risque d’être faible. Déjà un tour au centre de distribution des cartes d’électeurs nous a permis de constater le manque d’engouement autour de ces scrutins.   En commune IV du district de Bamako, le taux de retrait des cartes, à quelques jours du 1er tour des législatives, peine à atteindre le 29% dans beaucoup dans les centres que nous avons sillonné.

Siaka DIAMOUTENE

Source : Maliweb.net

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