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Société

Malgré la Baisse relative de la pluviométrie en 2019: la commission de gestion des eaux de Sélingué… rassure

La Commission de gestion des eaux de la retenue du barrage Sélingué et de Markala (CGESM) a tenu sa 10e réunion, le mercredi 2 octobre 2019, à l’Hôtel Club de Baya pour évaluer la situation hydrologique du Fleuve Niger et discuter de sa gestion rationnelle. Pendant la période évaluée, il a été constaté des inondations dans les voisinages du fleuve, mais aucune d’elles n’était liée à l’activité du barrage du Sélingué.

Délocalisée dans la commune de Baya, la 10e réunion mensuelle de la commission de gestion des eaux de la retenue du barrage Sélingué et de Markala s’est tenue sous la présidence du directeur adjoint de l’hydraulique, Dioouro BOCOUM. C’était en présence des membres de ladite commission constituée notamment des responsables des services techniques de l’État, de la société civile. Mise en place en 2002, l’une des missions de la commission est de veiller à une gestion équitable, durable et concertée en eau entre les usagers en aval de la retenue de Sélingué et de Markala.
Comme d’habitude, la réunion a permis aux différentes structures, qui interviennent dans l’utilisation du fleuve, de présenter leurs activités du mois écoulé, soit près d’une dizaine de présentations. Dans l’ensemble, la quantité de pluies recueillies l’année dernière est supérieure à celle de cette année, ont affirmé plusieurs experts. Mais il n’y a pas de feu en la demeure, a assuré Amadou COUMARE, responsable de la centrale hydro-électrique du barrage de Sélingué. Ainsi, pour préparer les activités de l’après l’hivernage, M. COUMARE a annoncé que les campagnes de remplissage 2019 en cours vont se poursuivre. Il espère faire le plein et garder la retenue avec les divers apports qui vont venir de la source du cours d’eau. Sa priorité sera de remplir la retenue et de la maintenir le plus longtemps que possible, a indiqué M. COUMARE. Si la tendance se maintenait, la retenue sera en mesure d’assurer les cultures de contre-saison, a-t-il rassuré.
Spécifiquement, au mois de septembre, le représentant de la Météo du Mali, Abdoulaye SANOGO, a précisé que les quantités de pluies recueillies ont été normales à excédentaires, excepté au nord des régions de Kayes et Koulikoro, l’Extrême Sud de la région de Sikasso ainsi que les régions de Tombouctou et Taoudénit. Comparées à celles de 2018, elles sont supérieures dans l’ensemble.
Au cours de cette période, des inondations ont été enregistrées dans certains voisinages de l’affluent Sankari, notamment dans les périmètres irrigués de l’Office de développement rural de Sélingué (ODRS). Ainsi, la réunion a été l’occasion de lever toute équivoque sur les origines de ces dégâts. Selon le représentant de l’ODRS, les raisons des inondations dans les périmètres sont dues à la vétusté des installations.
« Ce sont les appareils qui ont lâché et c’est qui est à l’origine des inondations. Nous avons déjà entamé les procédures pour corriger la situation », a déclaré le présentant de l’ODRS. Ce jour, il a informé la commission du retrait progressif de l’eau dans les parcelles de riz inondées.
Pour sa part, le président de la séance, s’est réjoui du respect des consignes et la gestion de la retenue d’eau par l’EDM Sa. « Les consignes sont prises par la commission. La côte 337 en aval a été respectée. Donc, ces consignes s’imposent aux gestionnaires du barrage de Sélingué et un peu loin, celui de Markala », a déclaré M. BOCOUM.
En outre, le travail de la commission consiste également de préparer la saison de base en vue de permettre aux autres utilisateurs de bénéficier de cette richesse.
« Grâce à une bonne gestion de la retenue, l’Office du Niger peut trouver de l’eau pour les cultures de contre-saison », a souligné le directeur BOCOUM, pour qui, la gestion du barrage n’est pas seulement l’affaire de l’EDM-SA.
« Ce n’est pas que l’Énergie du Mali qui exploite et fait ce qu’elle veut. Il y a un véritable arbitrage qui est fait pour l’ensemble des structures qui bénéficient de la retenue et les autres Offices. Ce travail de concertation vise à assurer une gestion rationnelle de l’eau », a-t-il clarifié.
Et pour maintenir le cap, la commission a demandé notamment à l’EDM de poursuivre le remplissage de la retenue qui s’étend sur 80 km en vue de soutenir les périodes de faible crue. Par ailleurs, elle a exigé à l’ODRS de mettre à jour des installations vétustes afin d’éviter la réédition des récentes inondations dans les périmètres.

Le rôle régulateur du barrage de Sélingué
Fonctionnel depuis 1982, le barrage de Sélingué n’a pas qu’une fonction de production d’énergie. Le chef de la centrale, Amadou COUMARE, a expliqué que le barrage a un but multiple parce qu’il assure le développement de l’agriculture, à travers l’irrigation des périmètres ; le développement des activités de l’élevage et de la pêche. Enfin, il régule l’eau du fleuve Niger en facilitant la navigation.
« C’est Sélingué qui permet d’augmenter le plan d’eau pour que l’onde de crue puisse arriver au niveau de Markala afin que le niveau de l’eau soit rehaussé quand il y a la décrue », a souligné M. COUMARE qui précise par ailleurs que la régulation du barrage axée essentiellement sur la retenue et les lâchers d’eau est décidée au sein de la commission de gestion en eau.
Boubacar TRAORE, membre du Partenariat national de l’eau (PNE), a confirmé qu’au nom de la société, il participe aux rencontres de la commission.
« Nous sommes impliqués dans la gestion de l’eau à partir du barrage de Sélingué. La quantité de l’eau est gérée suivant les recommandations de la commission. Cela est un effort à saluer », s’est réjoui M. TRAORE.

Par Sikou BAH

Source infomatin

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