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Les liaisons dangereuses entre l’OMS et la Chine ont marqué la crise du coronavirus

En ce 31 décembre 2019, le bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Pékin, situé dans le quartier diplomatique, tourne au ralenti, comme les autres organisations internationales. Le directeur général du bureau, Gauden Galea, un médecin maltais spécialiste des maladies non transmissibles, est rentré en Europe.

La veille au soir, pourtant, le docteur Gao Fu, directeur du centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, a découvert, en surfant sur Internet, qu’à Wuhan quelques médecins hospitaliers s’inquiètent de l’apparition d’un virus ressemblant diablement au SARS (syndrome respiratoire aigu sévère), celui qui, en 2003, avait traumatisé l’Asie.

Le docteur Gao Fu est également tombé sur une note de la commission de la santé de cette ville de la province du Hubei confirmant le phénomène. Dès le 31 au matin, il a envoyé sur place une équipe d’experts. Dans la journée, la Chine informera l’OMS de l’apparition à Wuhan d’un « cluster » – un groupe de cas – de pneumonie atypique.

L’OMS ne le sait pas encore, mais elle s’apprête à affronter la plus grave crise depuis sa fondation, en 1948. Une crise à la fois sanitaire, économique et géopolitique, dont les enjeux dépassent le cadre de cette institution des Nations unies, qui fédère 194 Etats membres.

Ostracisme

Pour autant, est-ce vraiment la Chine qui, la première, a alerté l’OMS ? En réalité, rien n’est moins sûr. Car, le 30 décembre, dans la soirée, un autre médecin s’est alarmé de la situation à Wuhan : le docteur Luo Yijun, vice-directeur du centre de contrôle des maladies de Taïwan. Le 31, ce lève-tôt prévient ses services à 5 heures du matin. Dès la mi-journée, Taïwan demande des explications à la Chine et informe l’OMS.

L’organisation internationale aurait-elle été avertie de la crise par Taïwan ? Son refus obstiné d’indiquer les heures auxquelles les deux mails – le chinois, le taïwanais – ont été reçus le laisse supposer. C’est que la question est sensible du point de vue politique. Sous la pression de la Chine, qui considère Taïwan comme une de ses provinces et non comme un Etat, cette île de 23 millions d’habitants n’est plus autorisée, depuis 2016, à assister aux assemblées générales de l’OMS, même en tant qu’observateur. Les autorités locales ne cessent de dénoncer cet ostracisme. Selon elles, les Taïwanais sont ainsi privés d’informations sanitaires importantes. Dès le 31 décembre, les autorités taïwanaises décident de prendre la température des passagers en provenance de Wuhan

Source : le Monde

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