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Economie

l’économie malienne au terme de 2019 : un taux de croissance maintenu, une course effrénée à l’endettement et des investisseurs étrangers rarissimes

Dans sa présentation des vœux de nouvel an 2020, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta a rappelé que, malgré la crise insidieuse qui nous affecte, l’économie nationale se révèle d’une remarquable résilience, avec un taux de croissance soutenu et une inflation maîtrisée. Le niveau de la dette semble être maîtrisé. Malheureusement, l’impact de ces dettes en termes d’investissements, donc d’amélioration des conditions de vie des populations laisse à désirer. De même que les investisseurs étrangers se font rares. Même si les banques ont fait de leur mieux en termes de financement de l’économie avec plus de 2 532 milliards de FCFA de crédits octroyés à la clientèle, au 31 mars 2019.

Au terme de l’année 2019, l’économie malienne semble pouvoir maintenir sa dynamique de croissance et de résilience. Les banques ont répondu à l’attente placée en elles à travers l’octroi en masse des crédits à la clientèle. Permettant ainsi au secteur privé de prouver, une fois de plus, sa grande capacité de s’adapter au contexte du pays, malgré les multiples entraves qui émaillent leur mission.

Le taux de croissance moyen de 5%, constaté depuis 2013, a pu être maintenu. De quoi rendre le Chef de l’Etat optimiste et d’expliquer « qu’il ne s’agit pas là d’un phénomène conjoncturel mais d’une tendance lourde depuis 2013 « . Toute chose qui se caractérise par une augmentation des recettes et une maitrise des dépenses. Avec un encours de la dette en pourcentage du PIB de l’ordre de 37% pour une tolérance de 70% dans l’espace CEDEAO, le Mali est l’un des pays les moins endettés de l’Afrique de l’Ouest, s’est glorifié le président IBK.

Donc, son potentiel d’endettement est loin d’être entamé alors que ses dépenses d’investissement, en 2019, ont représenté 34,8% de ses recettes fiscales, c’est-à-dire largement au-dessus de la norme minimale de 20%, fixée par l’UEMOA et la CEDEAO.

En guise de reconnaissance de cette bonne tenue de l’économie malienne, le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International a approuvé un nouveau Programme de Facilité Elargie de crédits pour un montant de près de 192 millions de dollars US (114.240.000.000 FCFA), donnant ainsi un signal positif à nos autres Partenaires Techniques et Financiers.

Autre signe de la bonne dynamique semble être l’allocation de 15% du budget au secteur agricole qui a permis une production céréalière dépassant les 10 millions de tonnes en 2018/2019.  » En forte progression avec 728.600 tonnes durant la campagne écoulée, le secteur cotonnier connaît un véritable essor avec une augmentation de 65,57 %. Cet effort méritoire s’accompagne, avec cent quatre-vingt-six milliards de nos francs, d’un niveau jamais atteint de recettes en faveur des cotonculteurs », s’est réjoui le Chef de l’Etat.

Concernant la dette du Mali, il faut préciser qu’elle se compose de la dette extérieure e et de la dette intérieure.

La dette extérieure, faut-il le souligner, a connu, sur la période 2011-2015, une augmentation de 43%, en passant de 1227 milliards de FCFA, soit 24, 4% du PIB en 2011, à 1754 milliards de FCFA, soit 27,2% du PIB en 2015. Cette tendance à la hausse s’est poursuivie avec les prêts accordés par des partenaires comme la Banque mondiale, le FMI, la BAD, la BID, la BOAD, la BADEA, les pays partenaires comme la Chine, l’Inde etc.

Si le taux actuel de l’endettement est estimé à 37% du PIB, il faut souligner que ceci prend en compte les ressources mobilisées sur les marchés financiers de l’UMOA.

Du début de ses interventions sur le marché à fin 2018, le Mali a réalisé au total 125 émissions de titres publics dont 78 en bons du Trésor et 47 en obligations du Trésor. Ainsi, au cours des trois dernières années, le pays a mobilisé 1119 milliards de FCFA, dont 511 milliards de FCFA en bons du Trésor et 608 milliards de F CFA en obligations du Trésor, ce qui fait de lui l’un des principaux animateurs du marché financier sous-régional. Cette tendance à la hausse de l’endettement s’est poursuivie en 2019. Durant cette année écoulée, le Mali s’est largement endetté auprès de ses partenaires. Pour la seule Banque mondiale par exemple, il a signé huit accords de financement pour un montant de plus de 671 millions de dollars, soit 382,5 milliards de FCFA, dont la grande partie en prêt.

En tout cas, aujourd’hui, malgré l’optimisme affiché par le président de la République, l’économie malienne est loin d’être attirante. Les investisseurs étrangers se font rares. Certainement à cause de la crise sécuritaire mais aussi à cause du niveau de corruption et de la délinquance financière qui reste très élevé comme l’a démontré un récent sondage mené par le statisticien Sidiki Guindo qui a conclu que  » 73% des sondés pensent que le niveau de corruption reste élevé au Mali ».

Y. C.

Source: L’Indépendant

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