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L’ECO Cédéao différé à une date ultérieure

L’Eco de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), visiblement reléguée en arrière plan depuis le lancement en grande pompe en janvier dernier de l’Eco Uemoa, rebondit. Le 57è sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation communautaire y a consacré une attention particulière. De quoi redonner une lueur d’espoir aux peuples ouest-africains, anti-francs CFA dans leur écrasante majorité, quant à une future indépendance économique dont ils rêvent pour leur zone.

En effet, le président sortant de la conférence des chefs d’États de l’organisation avait, dans son discours d’ouverture, fait de ce premier sommet physique tenu en 2020 une occasion de «clarifier la controverse née de l’annonce du lancement de l’Eco par les pays membres de l’Uemoa». Et comme annoncé, ce sommet a permis d’apporter certaines précisions relatives au rapport entre les deux Eco. En attestent les résolutions contenues dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux, tenus lundi dernier à Niamey.

Dans la capitale nigérienne, les chefs d’État ont réaffirmé leur engagement en faveur du Programme de coopération monétaire de la Cedeao. Ils ont, à cet effet, noté que la réforme de la zone Union monétaire ouest-africaine (Umoa) s’inscrit dans le cadre des actions à réaliser pour transformer le Fcfa, tout autant que les autres monnaies, en Eco.

Cela, conformément à la feuille de route révisée de la Cedeao, précise le document de 16 pages. Le sommet a aussi réitéré l’exigence du respect des critères de convergence avant la création de la monnaie unique. D’où le maintien de l’approche graduelle pour le lancement de l’Eco Cedeao.

Au dernier sommet de décembre 2019, 13 des 15 États membres de la Cedeao remplissaient au moins trois des quatre critères de convergence de premier rang. Au regard de ces prouesses macroéconomiques, les dirigeants ouest-africains avaient suggéré la poursuite des efforts en vue du lancement de la monnaie commune en juin 2020. Survenue entre-temps, la crise sanitaire a fragilisé nos économies.

La conférence de lundi a, en conséquence, décidé d’exempter les États membres du respect des critères de convergence macroéconomique en 2020. Elle a également instruit la conclusion, entre ses États membres, d’un nouveau pacte de convergence et de stabilité macroéconomique.

En dépit de ces mesures salutaires prises pour faire avancer les choses, les chefs d’États sont, comme à leurs habitudes, allés à contre-courant des attentes des peuples. Ils ont décidé, à la surprise générale, de «différer à une date ultérieure, le lancement de la monnaie unique». Les chefs d’État ont pour ce faire convenu de la conception d’une nouvelle feuille de route pour le Programme de la monnaie unique de la Cedeao.

Cheick M. TRAORÉ

Source : L’ESSOR

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