Warning: Creating default object from empty value in /home/malicanal/public_html/wp-content/plugins/news247-main/includes/framework/inc/class.redux_filesystem.php on line 29
Le témoignage émouvant d’un patient du covid-19 au Mali : “mauvaise organisation de l’équipe d’intervention, un service inhospitalier et criminel, la déprime et le mal être des infectés, le leurre du gouvernement et l’irresponsabilité des autorités sanitaires” – MALI CANAL
Actualité Société URGENT

Le témoignage émouvant d’un patient du covid-19 au Mali : “mauvaise organisation de l’équipe d’intervention, un service inhospitalier et criminel, la déprime et le mal être des infectés, le leurre du gouvernement et l’irresponsabilité des autorités sanitaires”

Sur sa page facebook, Traoré Isaac (nom de profil) fait un témoignage de ce qu’il vit en tant que patient du coronavirus au centre de prise en charge du Point G. Dans son témoignage intitulé “La surprenante vérité sur la gestion de la pandémie du coronavirus au Mali”, il dresse un tableau sombre par rapport à la prise en charge des patients du covid-19 au Mali, et s’interroge. Lisez plutôt son témoignage……..

“Je m’appelle Issiaka Traoré, 26 ans et j’ai été testé positif au covid-19.
Il y a de cela quelques jours, j’ai commencé à avoir des douleurs musculaires, et je me suis dit être sûrement pris de palu. Plus tard sont venues une perte d’odorat et du goût, et à ce moment, le doute a commencé à s’installer. Instinctivement, dans la journée du samedi 25 avril 2020, j’ai appelé le numéro vert. Après m’avoir posé quelques questions, ils m’ont demandé de passer faire un test dans un centre de dépistage. Donc, vers 16 heures j’étais à l’hôpital du Mali avec mon ami.
A la porte il n’y avait personne pour nous accueillir, et on s’est rendu dans un bureau pour prendre des renseignements. J’étais au début de ma surprise, quand le personnel qui y était, a été saisi de panique et s’est affolé à notre vu. Ils nous ont demandé de sortir et de revenir le lendemain car, l’équipe de test n’est là qu’entre 9 heures et 13 heures.
Ce qu’on ne vous dira jamais, c’est que vous pouvez contractez le virus sur les lieux même du test. Comme convenu, le lendemain (dimanche), je suis reparti à l’hôpital le matin vers 09 heures, et oui, effectivement une équipe était là sous des tentes pour faire passer l’interrogatoire. Avant que ce ne soit mon tour, on m’a demandé d’aller patienter sous un arbre. Moi comme beaucoup d’autres potentiels atteints de coronavirus étions assis sur un même banc sous cet arbre et aucune mesure n’avait été prise afin de respecter les gestes barrières. Après mon interrogatoire, j’ai attendu encore une demi-heure sous l’arbre avant qu’on ne vienne me chercher pour les analyses. Une fois les prélèvements finis, je devais rentrer et j’allais être contacté ultérieurement.
La mauvaise organisation de l’équipe d’intervention
Lundi 27 avril, à 11 heures, j’ai été appelé, et on m’a dit que mon résultat était positif. Le monsieur m’a demandé de rester là où j’étais, et qu’ils allaient envoyer une équipe d’intervention me chercher. Vingt minutes plus tard, un autre me rappelle et me demande de me rendre à Point G. Au cours du chemin, le monsieur me sonne de nouveau pour prendre ma position, parce que lui aussi était en route pour Point G, et que je ne serais pas accueilli sans un papier que lui a en sa possession.
Quelques minutes plus tard, on était tous les deux sur place, et il m’a mis dans une ambulance pour m’emmener au bâtiment dans lequel je devais être isolé. Et c’est là que le calvaire a commencé. A la réception, derrière une vitre, un homme prenait les informations personnelles et par la suite nous demandait d’attendre. J’ai attendu plus de deux heures sans que personnes ne viennent me voir. Entre temps, 8 autres patients sont venus et ont été confrontés à la même situation que moi.

A un moment, j’ai vu un médecin passer, je l’ai abordé en lui expliquant la situation, et que ça faisait beaucoup trop longtemps qu’on attendait. Il est parti et m’a ramené deux boites d’Azithromycin, et m’a dit qu’ils n’avaient plus de chloroquine pour le moment.
Un service inhospitalier et criminel
Sous les conseils du médecin, j’ai pris quatre des comprimés qu’il m’a donnés. J’étais en jeûne, et par conséquent, je n’avais rien mangé de la journée. Le médecin s’était bien fait de manquer de me dire que les cachets étaient lourds et qu’ils allaient me causer d’une violente secousse. J’étais fatigué et faible, mais malgré cela, personne pour me dire quelque chose.
Je me suis retrouvé devant le fait accompli, personne n’allait me venir en aide. En marchant, j’ai croisé un homme de ménage et je lui ai demandé si je pouvais occuper un lit vide dans une chambre quelconque. La réponse était affirmative et c’est là que j’ai pu m’allonger. J’ai contacté un frère qui m’a amené des fruits, il s’en était fallu de peu pour que je m’évanouisse. Et c’est jusque vers 20 heures qu’on a daigné nous apporter à manger.
La déprime et le mal être des infectés
Guérir du coronavirus est la règle, c’est mourir qui en est l’exception. Mais ici on mourrait plus vite de l’ignorance de ce qui se passe, que de la maladie. Les malades ne sont pas rassurés, on ne bénéficie d’aucun soutien psychologique. Vu l’état des choses, je pense que ce serait trop demander, étant donné qu’on ne nous parle presque jamais. Ils nous donnent des comprimés sans nous dire quel effet ceux-ci auront sur nous et à quoi on doit s’attendre. Les docteurs passent rarement dans nos chambres.
Une fois, le chef de centre est venu nous rendre une visite et nous a fait quelques examens de routine. Lui et moi avons échangé et je l’ai fait remarquer qu’on avait besoin de masques, et forte fut ma déception quand il m’a dit qu’il n’y en avait pas et que s’il ne venait pas nous voir assez souvent, c’est parce qu’ils n’ont pas les équipements nécessaires.
Le leurre du gouvernement
Imaginez le pire, et vous serez encore bien loin. Derrière la couverture médiatique habilement dessinée pour faire croire au public à une bonne gestion de la crise, se cache une autre réalité. Les patients ont l’impression d’être entre les mains de leurs bourreaux. La faim règne, les mets servis sont incapables de rassasier des adultes comme nous. On se croirait à la cantine d’une crèche. On manque d’eau, au début, on nous donnait des bouteilles de 1 litre, finalement la donne a changé, c’est des petites bouteilles de 0,5 litre. On est déshydraté et pourtant on est sous traitement.

Alors oui, je suis sceptique et la question que je me pose est la suivante : où vont les sommes faramineuses débloquées pour la cause ?
Tant bien que mal qu’on essaie d’être optimiste, ajouter à cela l’insalubrité des toilettes nous expose à toutes sortes de maladies infectieuses. Faut-il rappeler que si l’on est là, ce n’est pas pour en ressortir souffrant. J’ai eu à échanger avec des employés qui m’ont dit être là et travaillent alors qu’aucun salaire n’a été fixé. Ils ne sont pas payés et n’ont aucune idée de quand et à combien ils le seront. Éclairez- nous, et expliquez-nous ce qui se passe. A ce jour, on compte dans les 500 cas positifs au Mali, l’Etat n’est-il pas à mesure de nous prendre tous en charge ?
L’irresponsabilité des autorités sanitaires
Vu tout le bruit qui est fait, on ne croirait jamais à une telle négligence de la part des autorités. La façon dont ils viennent chercher les infectés en parade, se révèle comme étant un moyen pour amuser la galerie. Ce qu’ils aiment, c’est la panique qu’il créent autour d’eux, sinon l’état des choses ne les préoccupe pas en tant que ça. Une fois qu’on va te chercher par ambulance, tu es assimilé à un déchet. Aucun professionnalisme, aucune implication du personnel. On ne peut pas s’amuser avec la vie des gens comme ça.
Il ne faut pas faire preuve de mauvaise foi, mentionnons qu’il y a toujours des exceptions. Un médecin d’ici se démarque par son affabilité, mais malheureusement on ne le voit pas tout le temps. Je veux prendre le temps de le remercier, de remercier le chef de centre et toutes les autres personnes qui s’impliquent sincèrement afin de pouvoir combattre ce virus. Qu’Allah vous bénisse abondamment !!!
Bamako, le 02/05/2020″

Correspondance particulière

Source : Malicanal.com

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez respecter le droit d'auteur