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Le siège du G5 Sahel continue d’être à Badalabougou : à quoi jouent les plus hautes autorités du Mali ? – MALI CANAL
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Le siège du G5 Sahel continue d’être à Badalabougou : à quoi jouent les plus hautes autorités du Mali ?

Le conseil des ministres du 20 juin 2019 a décidé du transfert du siège du G5 Sahel de l’ex Mess des Officiers à Badalabougou vers un autre site non encore déterminé à ce jour.

Pour rappel, le siège de la structure se trouvait à Sévare dans la région de Mopti à plus de 600 km de Bamako. L’attaque djihadiste contre ce sanctuaire militaire avec mort d’hommes et dégâts matériels importants a été à l’origine de son transfert de Mopti à Bamako précisément à l’ex-Mess des officiers à Badalabougou.

Peur ou « repli tactique », le débat n’est plus à ce niveau. Mais, il est bien certain que ce choix était tout sauf pertinent et que les populations de ce quartier, face à ce qui ressemblait à un suicide collectif, rentreraient en résistance.

Tout esprit lucide et conscient mesurait la dangerosité d’une telle cohabitation pour le moins incongrue, le quartier général du G5 Sahel partout où il se trouverait, étant une cible de choix pour les terroristes.

Les populations concernées étaient vent debout contre un tel projet. Dans leur lutte noble et héroïque, loin des bisbilles politiciennes, elles ont tout naturellement, bénéficié du soutien d’associations, de leaders politiques, religieux, de la société civile et surtout du citoyen lambda conscient de la justesse de leur combat.

Des semaines durant, il y a eu des manifestations de toute sorte (sit-in, marches, lettres de protestation, pétitions, rencontres, meeting etc.). La pression était énorme et le risque d’une implosion sociale, en tout cas au niveau de cette zone, était réel.

Le vendredi 14 juin 2019, les populations ont à nouveau battu le pavé. Des échauffourées entre les manifestants et les forces de l’ordre ont éclaté 5 heures durant dans le quartier. Une véritable guérilla urbaine à Badalabougou qui n’est pas passée inaperçue cette fois-ci au regard de son ampleur (blessés, arrestations, dégâts matériels etc.).

Face à cette tournure, le gouvernement est finalement sorti de sa léthargie en décidant intelligemment et en toute responsabilité le ré transfert du fameux site de Badalabougou à un autre endroit non précisé jusqu’à présent.

Une décision sage, raisonnable, raisonnée, intelligente et logique. Elle a été tout naturellement accueillie avec un grand ouf de soulagement par tous les protagonistes, comme pour dire que « Tout est bien qui finit bien »

Seulement à y regarder de près, il y a un hic, un véritable problème car, la parole donnée, à savoir la fameuse décision de ré transfert semble ne pas être, pour le moment, tenue. Dit autrement, elle peine à s’appliquer.

Ladite décision est en passe de devenir un feu de paille, et pour cause, jusqu’à présent l’ex-Mess des officiers demeure officiellement/officieusement le siège du G5 Sahel malgré la fameuse décision. Ça travaille visiblement en toute tranquillité et rien n’indique en apparence l’imminence d’un quelconque départ, bien au contraire. Ses occupants sont à pied d’œuvre. Les travaux d’aménagement continuent de plus belle au grand dam des populations.

Alors questions : Malgré cette décision, pourquoi le siège du G5 est toujours au même endroit et fonctionne à plein régime ? Pourquoi les travaux d’aménagement continuent de plus belle ? À quoi joue le gouvernement ? Feint-il de ne pas être au courant de ce qui se trame là-bas ?

Est-ce à dire que cette décision était du vent ? Une roublardise de la part d’un pouvoir qui se cherche ? Une subterfuge afin de faire baisser la tension et d’endormir la vigilance du peuple, sinon pourquoi ce statu quo ? Quand est-ce que ce pouvoir se respectera et respectera t-il enfin son peuple ? Que vaut finalement une telle décision au regard de ce qui se passe ? De grâce, agissez pendant qu’il est encore temps ! Une autre manifestation des populations, d’autres dégâts, d’autres blessés ou pire, au sujet de ce dossier, le gouvernement portera l’entière responsabilité.

Aussi, ne l’oublions pas, le siège du G5 Sahel est toujours à la même place, entre les paisibles familles, avec le risque que l’on sait. Donc, rien n’est encore gagné et la lutte doit continuer jusqu’au départ effectif de ces « voisins encombrants » à un autre endroit.

Tant qu’un nouveau site n’est pas officiellement choisi, tant que le G5 Sahel continue à fonctionner à cet endroit, la menace est réelle et le quartier n’est pas à l’abri d’un acte terroriste.

Les populations ne doivent pas rester en simples spectateurs. Nous sommes tous concernés. Il faut dénoncer et surtout dénoncer cette attitude vile du pouvoir à ne pas tenir ses engagements au sujet d’un dossier aussi sensible. L’Etat du Mali est tenu de respecter ses engagements, et en cela le peuple doit y veiller.

Aujourd’hui la déception est grande, les populations sont humiliées, méprisées. Les personnes qui se sont investies sans relâche, nuit et jour, pour une issue heureuse de cette affaire (facilitateurs, légitimités traditionnelles, autorités municipales, forces de l’ordre, responsables locaux d’associations et de mouvements etc.) sont désemparées et déçues par une telle attitude de la part du gouvernement. On se sent trahit. La parole donnée n’ayant pas été respectée, et la menace toujours là.

Mon conseil : le gouvernement serait bien inspiré de ne pas jouer au plus malin et d’agir vite. Le sujet est extrêmement sensible et peut malheureusement aboutir à une situation fort regrettable, si l’on y prend garde.

A bon entendeur, salut !

Makan DIALLO

Docteur en Droit Privé

Avocat inscrit aux Barreaux du Mali et de Paris

Chargé de Cours à l’UCAO et à l’IHEM.

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