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La transition en grand danger : les fronts multiples ouverts donnent peu de chance à sa réussite…à moins que… – MALI CANAL
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La transition en grand danger : les fronts multiples ouverts donnent peu de chance à sa réussite…à moins que…

On pourrait bien parler de chronique d’un échec désormais inévitable ou de désenchantement artificiellement provoqué. En cause, l’exécutif de la Transition, avec les Colonels et les Colonels-majors qui impriment à la marche de l’État une cadence aussi inappropriée que perfide.

Ils étaient venus en solution providentielle mettre fin à l’incurie d’un régime qui a saigné à blanc les Maliens durant une gestion septennale des plus lugubres. Dans la foulée, ils ont promis une transition civile. Trois mois après le coup d’État et deux mois après la mise en place de l’exécutif transitoire, la rupture semble consommée entre la junte et  l’ensemble des forces vives de la nation. À telle enseigne que d’aucuns n’hésitent plus à affirmer que cette transition est sur la voie de l’échec. Que s’est-il passé donc?

La junte au pouvoir est décidément à la croisée des chemins désormais. Les concertations nationales sur la transition ont débouché sur des résolutions rejetées en bloc à l’époque par le M5-RFP qui a affirmé ne pas s’y reconnaître. Et ses craintes se sont confirmées au fur et à mesure de la mise en place des autorités transitoires. En effet, le président fut nommé par la junte sans concertations préalables en dehors des conciliabules d’une commission dont ni la composition, ni la marge de manœuvre n’ont convaincu personne. Ce fut ensuite le tour du Premier ministre pour la désignation duquel le M5-RFP avait été requis pour envoyer une liste. Finalement, cette liste (en réalité une liste de 14 candidatures déposée en catimini par des personnages certes du M5-RFP mais agissant en leurs seuls noms dans l’obscurité des allées de Kati, dont certains n’avaient d’ailleurs point le background pour ce faire) a été mise de côté et le Premier ministre fut choisi de façon discrétionnaire par le Cnsp. À peine cette autre couleuvre avalée que le gouvernement fut mis en place de manière opaque, en excluant une fois de plus les forces qui ont impulsé le changement, lesquelles forces furent au passage divisées et émiettées afin de les affaiblir. Entre temps, les syndicats sont entrés en action devant les promesses non tenues quant à l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Les conseillers des Affaires étrangères, les surveillants de prison, les travailleurs de certains hôpitaux, les professeurs d’enseignement supérieur et surtout les administrateurs civils, chevilles ouvrières des prochaines élections, sont entrés dans la danse. Ces administrateurs civils, après 15 jours de grève, ont embrayé avec une grève illimitée qui se poursuit et aucune négociation sérieuse n’est encore en vue pour calmer le jeux. Conséquence, l’administration fonctionne au ralenti, les conseils des ministres se tiennent avec peine, les textes législatifs sortent avec des erreurs impensables et, surtout, la révision annuelle des listes électorales est arrêtée. Cela signifie, en termes clairs, que les prochaines élections ne se tiendront pas à terme échu si la situation n’évolue pas. Comme si tout cela ne suffisait pas, la junte vient de fixer la clef de répartition des futurs membres du Conseil National de la Transition (CNT) en s’octroyant une part léonine au détriment de la classe politique. Résultats : les partis et regroupement politiques ont dans leur grande majorité décliné leur participation au CNT. Interrogé récemment à Bissau sur cette rupture totale qui se profile entre la junte et  les autres acteurs, le président de la Transition,Bah N’Daw, a préféré botter en touche en se disant au-dessus de la mêlée et en affirmant ne pas vouloir jetter de l’huile sur le feu!!! Curieuse pirouette en ses temps où la personnalité du chef de l’exécutif est scruté de mille façons et par mille yeux!  Mais, en clair, soit le président de la Transition ne maîtrise vraiment rien, soit on ne l’écoute pas, ce qui laisse voir un leadership mal assuré, en tout cas pas rassurant, avec des conséquences fâcheuses que le peuple est fondé à redouter à présent.

Voici dans quelle situation la junte a plongé cette Transition.  De par leur volonté affichée de contrôler tous les leviers du pouvoir sans coup férir, les Colonels et les Colonels-majors du 18 août 2020 se sont mis tout le monde sur le dos. Seulement, ils ne semblent pas mesurer la profondeur de leur détresse. La transition qui a cours actuellement est en grand danger. Et bien malin qui pourrait épiloguer sur son avenir immédiat.

Sy Éric

Source : Malicanal.com

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