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La ruée risquée vers l’or d’Intahaka : dans le nord du pays, la prospection artisanale de l’or représenterait plus de 15 % de la production nationale, mais elle échappe au contrôle du pouvoir malien. – MALI CANAL
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La ruée risquée vers l’or d’Intahaka : dans le nord du pays, la prospection artisanale de l’or représenterait plus de 15 % de la production nationale, mais elle échappe au contrôle du pouvoir malien.

Hassane (*) tire une bouffée sur la cigarette qu’il vient d’allumer. De son autre main, il fait défiler les photos du site d’orpaillage d’Intahaka, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Gao, l’une des grandes villes du Mali située au nord-est du pays. « Là, c’est moi avec le détecteur de métaux, commente-t-il. Ici, c’est moi devant l’un des trous qu’on a creusés. »

Le paysage est lunaire. Sur des kilomètres, les pioches et tamis de centaines d’hommes soulèvent un épais nuage de poussière. « On y compte plus de onze nationalités. Et même si la population y est incalculable, Intahaka est devenu aussi important que la ville de Gao », prévient un représentant de la région.

Hassane le confirme. Au cours de deux séjours sur le site en 2020, il y a croisé des « Nigériens, des Libyens, et même des Syriens ». Chauffeur de profession, il décide d’y tenter sa chance alors que ses cousins reviennent du site d’orpaillage les poches pleines d’or. « J’ai donc réuni une équipe de huit personnes », raconte-t-il. Dans un pays où le salaire moyen est de 70 € par mois, Hassane et ses collègues récolteront 11 g en une semaine, soit un butin de 250 000 francs CFA (380 €).

Face au chômage endémique et au sentiment d’abandon par l’État central, nombreux sont ceux qui ont tenté la ruée vers l’or. Amadou, la trentaine et titulaire d’une maîtrise, en fait partie. « On n’a aucune perspective d’avenir et, à mon âge, il faut bien que je me prenne en charge », souffle-t-il.

Il se rendait à Intahaka pour vendre de l’eau, une denrée rare au milieu de ce paysage aride. Mais l’aventure a vite tourné au drame. Alors qu’il prenait la route pour se rendre à Intahaka, lui et son cousin sont arrêtés à un checkpoint informel. La conversation se tend, une rafale de Kalachnikov vient cribler de balles les jambes de son partenaire. « Je n’y ai jamais remis les pieds », avoue-t-il.

Encore méconnu des habitants de la capitale, Bamako, l’endroit alimente tous les débats et suscite certaines inquiétudes parmi les Gaotiens. Le site, sécurisé par le MNLA, un groupe armé signataire de l’accord de paix de 2015 selon différents interlocuteurs, fait l’objet d’infiltration de djihadistes la nuit tombée.

Hassane, qui a passé de nombreuses nuits sur place, se souvient « qu’ils venaient nous voir pour nous demander si tout allait bien, si l’on se sentait en sécurité ». Une « logique de recrutement », s’inquiète une source sécuritaire. Une promesse de stabilité assurée par ces groupes djihadistes qui peut en séduire plus d’un.

Mais une autre menace plane sur le site d’orpaillage. Le 23 novembre, un premier cas de Covid-19 en provenance d’Intahaka a été dépisté. L’homme, d’origine nigérienne, est décédé dans les jours qui ont suivi, avant qu’un second cas ne soit découvert.

« C’est une véritable alerte, alarme Seydou Dicko, médecin-chef du centre de santé de Gao. Ce genre d’endroit est une passoire, il faut donc avoir un contrôle sur les usagers du site, sauf qu’ils contournent les postes de sécurité où des équipes de tri sont installées. » Suivre les cas contact ? Dépister en masse ? La situation semble compliquée, tant que les autorités n’auront pas la main sur Intahaka.

Source : Ouest-france Avec LE COMBAT

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