Société

Journée Internationale de la Paix : la MINUSMA accompagne les jeunes leaders maliens dans leur engagement pour la paix

À l’occasion de la Journée Internationale de la Paix 2018, la MINUSMA a organisé plusieurs activités visant à renforcer l’appropriation du processus de paix par les acteurs maliens. Ces activités ont eu lieu dans la capitale Bamako, mais aussi dans les régions, à Gao et Tombouctou, dans la semaine du 17 au 21 septembre 2018.

 

À l’Hotel Sheraton de Bamako, du 18 au 20 septembre, plus de 100 jeunes leaders du réseau panafricain AfriYan au Mali ont participé à un atelier de renforcement des capacités sur l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, ainsi que sur plusieurs thématiques qui y sont liées -la sécurité, le processus DDR, la bonne gouvernance, l’accès à la justice, la protection des civils, des enfants et des femmes, la promotion et la protection des droits de l’homme.

 

 

 

Le Président du Réseau AfriYan au Mali, Hafizou Boncana, a déclaré : « Nous disons qu’aucun chemin ne pourrait mener à la paix et au développement sans passer par les jeunes. Nous répondons donc présents pour jouer pleinement notre rôle pour la mise en œuvre de l’Accord. C’est une occasion importante pour nous de célébrer cette journée par un renforcement de nos capacités grâce à la MINUSMA qui accompagne sans relâche la jeunesse ».

 

Les activités ont été nourries d’échanges très riches entre les participants et les experts, dont plusieurs agents de la MINUSMA, de l’ONG Alliance pour Refonder la Gouvernance en Afrique (ARGA-Mali), des sociologues, mais aussi grâce à la participation exceptionnelle du Secrétaire Permanent du bureau du Haut Représentant du Chef de l’Etat pour la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali, Inhaye Ag Mohamed.

 

 

 

Selon Samantha Buonvino, membre du bureau de l’Information Publique de la MINUSMA et à l’initiative de l’organisation de cette initiative conjointe AfriYan-MINUSMA : « Pour parvenir à une paix durable, il est essentiel que toutes les Maliennes et tous les Maliens s’approprient le processus de paix et maîtrisent le contenu de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali. Il s’agit d’un processus malien pour les Maliens, et qui demande l’implication et l’accompagnement de tous. La jeunesse a un rôle très important à jouer, entre autres, par la sensibilisation et le plaidoyer ».

 

 

 

Toujours parmi les membres du réseau AfriYan, des jeunes professionnels des médias maliens, selon Diop Massiré, journaliste au quotidien L’Indépendant : « Cette activité intervient à point nommé, au moment où des mesures sont prises pour accélérer la mise en œuvre de l’Accord. Il est aussi bon que les jeunes s’approprient des termes de l’Accord, pour mieux contribuer à accélérer sa mise en œuvre, d’où l’importance de cette initiative très appréciée ».

 

Au terme des trois jours de discussions, les représentants de la jeunesse malienne ont signé une déclaration s’adressant au Gouvernement malien, aux groupes armés signataires et à la médiation internationale. Ils y formulent des recommandations pour une plus forte inclusion de la jeunesse dans la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali.

Réflexion, puis célébration…

 

Les travaux ont abouti à la rédaction d’une déclaration de plaidoyer qui a été adressée aux acteurs signataires de l’Accord, ainsi qu’aux acteurs de la Communauté internationale, lors d’une cérémonie officielle, le 20 septembre dernier. Le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, Mahamet Saleh Annadif, ainsi que le Ministre de la Jeunesse, de l’Emploi et de la construction citoyenne, Amadou Koita, et le Ministre de la Cohésion sociale de la paix et de la réconciliation nationale, Lassine Bouaré ainsi que Souleymane Satigui Sidibé, le Président du Conseil national de la jeunesse (CNJ), étaient entre autres personnalités de marque invitées à cette célébration.

 

 

 

Premier à prendre la parole, le Président du CNJ a entamé son allocution par une minute de silence en mémoire de toutes les victimes civiles et militaires du conflit y compris les Casques bleus de la MINUSMA. Soulignant l’implication de la jeunesse dans la résolution de la crise et des conflits au Mali, le Président du CNJ a rappelé les initiatives prises par la jeunesse depuis 2012 et l’éclatement de la crise, notamment à travers des collectes de fonds et des dons de sang. Il a également remercié la MINUSMA qui selon lui : « a beaucoup encouragé la restitution de l’accord, la sensibilisation, l’adhésion de la jeunesse et du peuple à cet accord-là ».

 

Cependant, le représentant de la jeunesse du Mali rappelle que de nombreux progrès sont encore à faire en ce qui concerne l’implication des jeunes dans la mise en œuvre de l’accord, notamment explique-t-il dans le cadre de sa participation au CSA (Comité de suivi de l’Accord). Après avoir dénoncé, « en toute diplomatie et dans le plus grand respect », le manque de prise en compte des aspirations de la jeunesse, Souleymane S. Sidibé a conclu son discours en déclarant que « les jeunes ne pouvaient plus être les spectateurs de leur destin ».

 

Le ton de cette célébration de la Journée Internationale de la paix est donc donné : il sera cordial.

 

 

 

« Quand les jeunes s’engagent à être les artisans et partisans de la paix, nous ne pouvons que nous en féliciter et avoir de l’espoir ». Ainsi s’exprimait Amadou Koita, à propos de cette initiative qui, trois jours durant aura réuni les jeunes maliens autour de la paix et de leur implication dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Et le Ministre malien de la jeunesse d’enchérir : « … l’affirmation de la paix est le plus noble et le plus grand des combats… La jeunesse représente 65% de la population malienne. La mise en œuvre de l’Accord ne peut se faire sans elle », a-t-il martelé.

 

Pour Lassine Bouaré, le Ministre de la Cohésion sociale de la paix et de la réconciliation nationale, « si les jeunes décident qu’il y aura la paix, il y aura nécessairement la paix ». Après avoir félicité les jeunes pour la présente initiative, le Ministre les a rassurés : « Nous avons pris bonnes notes de vos recommandations… Et nous allons voir comment opérationnaliser celles qui peuvent l’être ». Rappelant que la mise en œuvre de l’Accord est un engagement de chaque instant, M. Bouaré a également rappelé que « l’Accord est fait pour tous les Maliens, y compris les jeunes ». En fin d’allocution, le Ministre s’est engagé à accompagner la jeunesse sur le chemin de l’appropriation de l’accord par le plus grand nombre de Maliens car, selon lui, « sans cela l’Accord ne peut être appliqué ».

 

 

 

S’agissant des jeunes, Le Chef de la MINUSMA, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Mahamat Saleh Annadif, a, dès l’entame de son propos rappelé « qu’il sont les plus nombreux et il est important que leur avenir soit réfléchi et pensé avec eux ». Là réside le sens de la démarche des Nations Unies en général et de la MINUSMA en particulier en appuyant les jeunes dans la rédaction de se plaidoyer visant à les impliquer davantage dans le processus de paix au Mali. S’adressant aux Ministres présents, M. Annadif a rappelé : « nous sommes en train de parachever un pacte pour la paix qui complète l’Accord pour la paix et qui doit marquer un nouvel engagement des acteurs pour une mise en œuvre efficiente et rapide de l’Accord. De 2015, date de signature de l’Accord à nos jours, l’environnement a changé. Nous devons être capable de regarder cet environnement et de le prendre en compte et il faudrait aussi que les mouvements (signataires ndlr) le prennent en compte cette réalité ». Autre réalité à prendre en compte : les femmes et les jeunes. Se tournant vers eux, M. Annadif a dit ceci : « je prends l’engagement solennel d’être votre avocat, de faire le plaidoyer pour que vous aillez votre place au niveau des instances, surtout le CSA, les sous-commissions… mais n’oublions pas une chose. Lorsque l’on parle des jeunes, lorsque l’on parle des femmes, les mouvements aussi en ont parmi eux et il faut qu’ils les prennent en compte… ».

 

Interrompu par une salve d’applaudissement, les propos de Mahamat Saleh Annadif ont été « validé » par les jeunes dont le plaidoyer a fait mouche. Dans une langue franche et directe le Chef de la MINUSMA a mis fin à son discours en rappelant que : « la communauté internationale et le peuple malien veulent une paix durable. Cette paix a un prix, acceptons tous de payer ce prix-là, pour que cette paix dont nous rêvons soit une paix durable au bénéfice de tout le monde, au bénéfice particulièrement des générations futures ».

Source:Munisma-Info

 

 

 

 

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