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Société

Journée A… Dans le monde des talibés

Il est fier d’être appelé garibou qui, selon lui signifie apprenant. Amma Tapily, 12 ans, apprend actuellement le coran à Bamako chez un imam ressortissant de son village. Une journée avec ce jeune talibé originaire de Bandiagara.

 Premier fils d’Adama et de Toulé Kanabaye, Amma a quitté ses parents à Bandiagara pour apprendre le coran à Bamako. “Je loge chez une connaissance imam de la famille sur la colline de Lassa. Nous l’appelons Karamoko, mais son nom est Toumekou Tapily. On est plus de 60 talibés à loger chez lui”.

Amma est arrivé à Bamako avec deux autres garçons de son village. Le jeune “garibou” se lève à 6 h du matin. Ils sont réveillés par leurs ainées. Après leur toilette, ils se saluent et mangent ce que Ténè la femme de Toumekou leur prépare avant de descendre mendier. Le garçon affirme qu’à leur arrivée à Lassa, ils ont fait la connaissance de Ténè.

Ainsi commence la journée. “Nous sortons mendier. Des fois on trouve de la nourriture ou de l’argent. S’il y a suffisamment d’argent j’en donne à mon maître. Souvent j’achète à manger, mais le maître n’oblige personne à lui verser une somme fixe”, précise le petit talibé.

Dans sa vie de talibé, Umma apprend à gérer les petites difficultés qu’il rencontre au quotidien. “On Nous donne de la nourriture pourrie. Le maitre nous a dit de ne pas jeter la nourriture qu’on nous donne. Si c’est pourri de le dire avec politesse ou si nous n’en voulons pas de l’amener à la maison car qu’il y aura quelqu’un qui le mangera. Des gens nous chassent aussi parce qu’on est sale. C’est très fréquent surtout en ce temps de la pandémie à Coronavirus alors que notre maître nous a tout expliqué sur cette maladie et les gestes barrières. Dieu merci chez notre maître nous sommes bien traités”.

Après ce tour de la ville, Amma rentre à 14 h avec les autres talibés de même âge. Ils doivent apprendre le coran. L’apprenant retourne vers le petit soir mendier pour le repas du soir. Le talibé ajoute à ce qu’il mange pour être rassasié. Il en profite aussi pour se distraire. “Je reste un peu tard devant les boutiques du quartier rien que pour regarder le foot à la télé”.

Mme Koné est voisine du maître Amma. De temps en temps, elle et les autres voisins cotisent pour aider ces talibés. “Je n’ai jamais vu ou senti un signe de maltraitance sur ces enfants. C’est rare de voir ça. Il se peut que leur maître ait été un ancien talibé ce qui explique ce traitement”.

A la fin de son apprentissage, le jeune talibé ne compte pas rester à Bamako pour toujours. “Lorsque j’aurai fini d’apprendre le Coran, je vais retourner au village pour aider les parents et enseigner le coran à mes jeunes frères tout en espérant devenir un jour l’un des plus grands imams de mon village”.

Malgré son jeune âge, Amma est conscient de la souffrance que subissent d’autres talibés. Le “garibou” a une dernière ambition : aider les talibés à avoir une meilleure vie.

Alahan Bénédicte Marie Justine Dakouo, (stagiaire)

Source : Mali Tribune

 

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