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Intervention française au Mali : petit éclairage

A l’interpellation de certains sur les relations entre notre pays et la France, sur la confusion entre l’accord signé en 2014 et ceux signés les 7 et 8 mars 2013, je me permets sans aucune polémique de donner ce petit éclairage.

Après l’accord-cadre et l’accord de transition, Dioncounda avait toute la légitimité, au regard de la communauté internationale, d’engager le Mali. C’est dans ce cadre qu’il a demandé depuis septembre 2013 l’aide la CEDEAO, à l’UA et à l’ONU pour aider son pays à recouvrer sa souveraineté. La Résolution 2085 pose les bases et demande à tous les pays membres d’apporter aide et assistance au Mali. Puis il y a eu l’autorisation du déploiement de la Misma ! Suite à l’attaque de Konan, Dioncounda a demandé l’aide de la France. Rien ne le contraignait que le souci de préserver son pays. A sa place chaque Malien aurait fait la même chose.

Le mercredi 9 janvier 2013 donc, le président par intérim du Mali, le Pr Dioncounda Traoré a demandé par écrit à François Hollande (lettre transmise via télégramme par l’ambassade de France au Mali à l’Elysée) une aide.
La lettre de demande d’aide urgente transmise à Hollande en plein Conseil de ministre est claire et sans équivoque. Elle disait entre autres : “suite aux développements récents constatés sur le terrain et à la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense une intervention aérienne immédiate s’impose. Celle-ci consistera à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes….”

Dans son discours prononcé le samedi 2 février 2013 à Tombouctou lors de la visite de François Hollande à Bamako, le Pr Dioncounda confirme avoir bel et bien demande l’aide de la France : «représentants de Tombouctou, dites à François HOLLANDE…. Dites-lui qu’en répondant positivement et sans délai à notre demande d’assistance militaire – à un moment où le destin, à un moment où l’existence même de notre pays était menacée – il a réécrit avec l’engagement de l’armée tricolore et le sacrifice de Damien BOITEUX, un nouveau chapitre de notre histoire ».

Trois mois après l’intervention française, suite à une simple lettre (et l’autorisation a posteriori du conseil de sécurité), il fallait fixer les bases juridiques de cette intervention : ce sont les fameux accords des 7 et 8 mars 2013 qui légitiment et encadrent l’Opération Serval qui deviendra Barkhane. C’était la première fois depuis le 20 janvier 1960 que le Mali acceptait (et cette fois-ci par écrit) le déploiement de force combattantes française sur son sol.

Par contre, nulle part dans le traité du 16 juillet 2014, il n’est fait cas d’intervention ou déploiement français au Mali. Le Traité du 16 juillet 2014 qui ne remplace pas, n’abroge pas et n’a rien à voir avec ces accords de mars 2013, est juste un accord de coopération militaire dite de seconde génération que la France a avec presque tous les pays africains.
Le Mali et la Guinée ne l’avaient pas signé, ils l’ont fait en 2014.
Pour notre cas, le traité du 16 juillet donc abroge donc l’accord de 1985 qui était toujours en vigueur et reglait notre coopération militaire avec la France et non les accords des 7 et 8 mars qui autorisent le déploiement des forces françaises dans notre pays. Voici la petite précision que je peux apporter.

Sambi Assa Touré

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