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Actualité Politique

IBK- Moussa “la Machette”, le duo mortifère de la République

Entre IBK et Moussa Timbiné, c’est une longue histoire : l’ancien militant anarchiste de l’AEEM, est de ceux qui avaient, en son temps, tenté de brûler les institutions de la République, et justement l’hémicycle de Bagadadji dont il va prendre la tête. Lui et ses camarades étudiants, lors d’une de leurs violentes manifestations, avaient pris d’assaut et tenté d’incendier l’Assemblée nationale et avaient presque failli réussir.

À l’origine de l’instabilité gouvernementale de l’époque, il avait fallu l’arrivée en renfort d’un certain Ibrahim Boubacar Kéita, comme Premier ministre pour asseoir une certaine stabilité qui réprimera fermement l’école insurrectionnelle alors durablement installée au Mali sous Alpha Oumar Konaré. C’est là que Timbiné a assis sa renommée de violence, ne dédaignant pas, en l’assumant haut et fort, le recours systématique aux armes blanches (avec une nette préférence pour la machette et le gourdin) comme instrument privilégié de règlement « démocratique » des différends politiques et idéologiques.

Le nouveau Président de l’Assemblée nationale, qui n’a rien à envier aux sinistres et sanguinaires jeunes patriotes de Côte d’Ivoire, peut être légitimement considéré comme un des acteurs majeurs ayant instauré la terreur de la violence sanglante dans l’espace scolaire et estudiantin du Mali.

D’où son surnom de Moussa « Bessé », « Moussa la Machette », qu’il arbore avec une fierté à peine feinte et dont il a récemment fait la démonstration clairement affichée contre l’opposition, lors des vagues de contestation des résultats de la dernière présidentielle qui a vu la reconduction controversée de son mentor.

« Voyou politique de la pire espèce employant des méthodes réprouvées par la morale et la bienséance », comme le qualifient certains observateurs, « professionnel de la politique » comme son mentor IBK parce que chômeur chronique n’ayant jamais assumé aucun travail « professionnel », en piétinant les principes élémentaires de la pratique politique et en portant l’estocade à son parti, « Mousa Bessé » n’a rien fait d’autre que singer IBK, dont la parole donnée n’engage que ceux qui y croient.

D’ailleurs, la complicité agissante entre les deux hommes a pris un tournant particulier quand, entre les deux tours des législatives, IBK aurait apporté pas moins de 60 millions Fcfa en guise de contribution à Moussa Timbiné qui pourtant était arrivé en tête au premier tour.

Avec les résultats provisoires du second tour inversant cette tendance, ce ne sont pas moins de 15 autres millions envoyés à la rescousse. Comment expliquer cette générosité soudaine de la part d’un IBK dont la ladrerie a été mise à jour quand il a accordé deux mois de son salaire au fonds Covid-19 en oubliant de dire que cette générosité ne valait même pas trois millions FCFA au total, alors qu’il aurait pu donner une part de ses 16 milliards FCFA annuels de fonds de souveraineté ou ses 50 millions FCFA mensuels de fonds d’activité !

En somme, IBK doit son accession à la dignité primatoriale aux violents et sanglants excès de «Moussa la Machette» qui lui doit enfin sa nouvelle étrenne de deuxième personnalité de la République. Un juste renvoi d’ascenseur mais un affaiblissement des institutions, de toute façon déjà bien amorcé depuis l’avènement d’IBK au pouvoir.

Le triomphe de Katio

Incontestablement, ce sont Karim Kéita, le puissant fils du Président IBK et son âme damnée, Hady Niangadou, le bien nommé Jo Walaki (pour souligner son penchant pour les affaires sordides) qui ont hissé au perchoir Moussa Timbiné. L’accession de l’ancien leader estudiantin signe la main basse du fiston national sur les institutions de la République, après que son présidentiel paternel eut réussi faire de la Cour constitutionnelle une institution des plus dociles, ‘’jurisprudentialisant’’ tous les désirs du monarque républicain qui sont autant de dénis de droit commun, comme on l’a vu récemment avec les ajustements des résultats législatifs pour conforter les choix du seul IBK.

Visiblement, souligne-t-on dans les coulisses, la vieille ficelle rodée sous IBK, celle de l’achat de conscience, aurait encore servi. Des élus auraient été entrepris et ce serait avec pas moins de 50 à 100 millions FCFA chacun que les «déshonorables», désormais au plus offrant, auraient été entrepris, d’où le score nord-coréen de la victoire d’un député repêché sur tapis vert à la légitimité sérieusement discutable.

De toute évidence, le scénario patiemment écrit par IBK pour l’avenir de son Katio est en train d’être mis en place. À certains de ses rares confidents, dont certains écœurés rapportent l’information, IBK aurait assuré que Karim a un destin national qu’il lui reste encore à accomplir.

Or, pour qui connaît la personnalité du fiston national, jugé un peu benêt et simplet, passer des voitures d’occasion à la tête de la puissante et juteuse Commission Défense pendant les 7 ans de la législature passée, était déjà une prouesse. Visiblement, le père qui connaît les talents cachés de son fils, envisage la chose autrement !

Sortie peu honorable de Diarrassouba :

Quid alors de Diarrassouba, le questeur de la législature sortante et tout-puissant Secrétaire général des Tisserands ? Le député de Dioïla avait stoïquement maintenu sa candidature, même après avoir appris le coup de couteau dans le dos d’IBK, dont il passe pour l’un des plus fervents fidèles.

Pourtant, des 147 élus dont désormais beaucoup de déshonorables, Mahamadou Diarrassouba, qui a fait ses classes à Kolokani, est le député le plus légitime de ce parlement illégitime. Diarrassouba n’a eu besoin d’aucune alliance et l’a emporté sans contestation aucune, ni fioritures avec ses cinq colistiers dans l’escarcelle du RPM. Aucun élu ni cadre du parti, supposé présidentiel, n’a réussi une telle prouesse !

Comment comprendre qu’il ait choisi de claquer la porte à la dernière minute alors qu’il s’était maintenu dans la compétition jusqu’au tour préliminaire ? En persistant, le député de Dioïla aurait pu permettre de modifier la donne et n’aurait en aucun cas engagé sa responsabilité dans la division de son parti, dont IBK et Timbiné s’étaient déjà chargés.

En se retirant sur la pointe des pieds et sans dignité ni élégance, Mahamadou Diarrassouba étale son envergure artificielle et son peu de poids au sein de la formation, car en dépit d’avoir été choisi par le BPN RPM, tous les élus des Tisserands ont voté… pour le candidat de IBK et de son fils. Que lui a-t-il donc été promis, comme sa reconduction à la juteuse questure paraît plus qu’improbable que Karim et Jo Walaki attribueront à un homme à tout faire pour davantage resserrer le maillage autour de l’institution parlementaire ? Craint-il des regards circonspects sur sa gestion de la questure, quand on sait qu’au fil de ces sept ans de législature, cette gestion aurait été jugée controversée, sinon scandaleuse ?

Avec ce qu’il faut appeler la trahison de la famille présidentielle, Diarrassouba paie ainsi le prix fort de sa propre trahison de Treta après avoir, avec l’appui de… Timbiné, aidé IBK à abattre ce dernier. Il aura vraiment été rémunéré en monnaies de singe !

Élection de Moussa Timbiné au perchoir : Analyse des conséquences d’un désastre institutionnel !

Le moins que l’on puisse dire est que l’élection de Moussa Timbiné, à la tête de la deuxième institution du pays, n’a pas donné lieu à un concert de dithyrambes. Bien au contraire, dépit et fatalisme l’emportent sur l’indignation de voir ainsi la main basse raffermie d’un nouveau clan sur le pays entier ou presque. Au-delà de l’émotion, une analyse lucide fait apparaître une série d’enseignements, nettement moins reluisants pour le blason du Président IBK ! Instantanés d’une élection aux conséquences encore à évaluer !

Moussa Timbiné, ex-anarchiste de l’AEEM et ancien Président de la Jeunesse du RPM, doit bien son accession au perchoir à sa loyauté envers IBK, certes. Mais il le doit aussi aux circonstances particulières qui ont vu les manœuvres outrancières du Président de la République, qui a malmené son propre parti pour que les désirs de son fils Karim Kéïta soient exaucés.

Entrepris par le BPN du Rassemblement pour le Mali (RPM), IBK avait assuré Bocary Treta et ses camarades qu’il s’alignerait sans fioriture sur la décision que la direction du parti prendrait pour désigner un candidat à la Présidence de l’Assemblée nationale. C’est fort donc de cette assurance, mieux de cet appui que le Bureau politique national du RPM a désigné le député de Dioïla, Mahamadou Diarrassouba, le secrétaire général de la formation présidentielle.

Une initiative qui compromettait apparemment les desseins secrets du fiston national, car déjà à cette session, Moussa Timbiné, bien qu’impudemment repêché au mépris des suffrages populaires, claquera la porte de la session, signifiant son refus de se plier à cette décision. De la réunion, on apprendra qu’il s’est rendu à Sébénicoro, l’antre du Bourgeois national, où il sera reçu avec les honneurs et la fureur du locataire des lieux.

Quelques heures après, l’information tombait : IBK qui venait 24 heures à peine d’apporter son soutien ferme et total à tout candidat désigné par le parti, oubliait cette décision pour déclarer à ceux à qui elle était destinée, son choix porté sur le tonitruant et irascible Timbiné. La douche froide, et visiblement, un autre coup de Jarnac porté à la fragile unité de son propre parti que le « Kankéléntigui » aux promesses sans lendemain n’a jamais cessé de multiplier durant son parcours politique chaotique.

Bourama Sanogo/Enseignant à la Retraite

Source : Nouvelle Libération

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