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Actualité Politique

Espoir Mali Koura : un appel à la désobéissance civile

C’était le jeudi 14 mai 2020, la salle de conférence de la Mairie du District de Bamako, qui a accueilli la cérémonie de lancement officiel des activités du Mouvement Espoir Mali Koura (EMK), coordonné par l’ancien Ministre M. Cheick Oumar Cissoko. La salle était bondée des partisans, militants et sympathisants de différents mouvements et organisations de la société civile, des partis politiques et des personnes ressources que compose ce nouveau mouvement. Selon les organisateurs, le seul leitmotiv, est un appel à un sursaut national et une désobéissance civile dans les jours à venir. Car ditl’ancien Ministre Cheick Oumar Cissoko) : « Le pouvoir actuel a failli à sa mission régalienne auprès de la population. D’où la nécessité de l’éjecter de son fauteuil et de mettre en place une transition véritablement démocratique, qui devra préparer les élections crédibles afin de permettre au peuple malien de choisir valablement les hommes qu’il faut, pour prendre à bras le corps, les préoccupations de la population et ouvrir la voie à un développement socio-économique et culturel viable.

Les raisons d’être du mouvement EMK

Dans une déclaration liminaire  appelé « APPEL AU PEUPLE DU MALI », lue par le Coordonnateur du Mouvement,l’ancien Ministre Cheick Oumar Cissoko et signée par les initiateurs du mouvement (plus de 20 mouvements, des associations et des personnalités), la déclaration a décrit de façon précise et sans ambage,  la situation chaotique dans laquelle se trouve le Mali d’aujourd’hui, depuis l’avènement du pouvoir en place. Elle a été libellée en ces termes :

« Peuple du Mali, Patriotes du Mali, Notre Pays, le Mali, jadis envié, écouté et respecté aussi bien en Afrique qu’à travers le Monde entier, est en passe de devenir la risée de tous, balloté et humilié, à cause d’une gouvernance aléatoire et mal conçue.

La gestion actuelle du régime en place, symbole de la décrépitude de tout un système, a fini de précipiter notre Pays dans l’impasse, pire, au bord du gouffre le plus improbable.

Le Peuple malien découvre chaque jour, de façon ahurissante, les scandales d’une gestion hasardeuse, dénuée de vision et de cohérence vis-à-vis des intérêts vitaux et stratégiques du Mali, dans le déni des principes républicains qui fondent notre démocratie ».

Une telle gouvernance poursuit le communiqué « mal conçue, se caractérise par une corruption affairiste, effrénée et généralisée qui a conduit notre Pays dans une situation de chaos absolu se traduisant par : – Une perte de souveraineté sur presque l’ensemble du territoire national ; Une incapacité totale de l’Etat à assurer la sécurité des personnes, de leurs biens et de l’exercice paisible de leurs activités productives ; Un affaissement généralisé de l’économie nationale se traduisant par une gestion gabegie des fonds publics ; Les tentatives d’embrigadement et de bâillonnement de la Justice par un clan, jurant avec le principe constitutionnel de séparation des pouvoirs, sur fond d’entraves et d’immixtions tous azimuts, et d’impunité totale ; Le dévoiement des principes démocratiques caractérisé par l’achat de conscience en matière électorale, le bourrage d’urnes devenu la norme et la marque de fabrique des fossoyeurs de la Nation, l’asservissement des représentants de l’administration d’Etat, mais aussi et surtout l’instrumentalisation de la Cour Constitutionnelle dans la gestion calamiteuse du processus électoral, allant jusqu’à se substituer au Peuple dans le choix des élus ;

Une dégradation sans précédent des conditions d’accès aux services sociaux de base (école, santé, électricité, eau potable, etc.), avec un système éducatif qui a complètement sombré dans l’oubli coupable de l’abandon des pouvoirs publics ;

Une détérioration poussée des infrastructures routières lorsqu’elles existent encore ;

Un bradage et une perte de souveraineté dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie et des transports ; Le délitement des principes et valeurs culturelles endogènes qui faisaient encore la fierté et la singularité du Mali dans le concert des Nations civilisées … »

 La désobéissance civile

S’appuyant sur article 121 de la Constitution, le mouvement EMK a appelé le peuple du Mali à un sursaut national et à une désobéissance civile dans les jours à venir : « Peuple du Mali, les tenants du régime actuel ont définitivement démontré les limites du système institué par la 3ème République, qui a lamentablement échoué. Prenant conscience de la situation gravissime qu’il vit depuis près d’une décennie, le Peuple malien, du Nord au Sud, doit se mettre debout pour reconquérir sa dignité confisquée et bafouée. Sachons que des Hommes et des Femmes refusent désormais le mensonge d’Etat, la corruption, l’injustice et l’inégalité des citoyens devant la loi, érigés en mode de gouvernance sur fond d’incompétence, de népotisme, de détournements massifs des deniers publics, comme dans l’affaire de l’achat d’aéronef présidentiel, et celle d’avions et équipements militaires défectueux et obsolètes, ayant causé mort d’hommes, sur fond de surfacturations et de violations des procédures financières.

Le refus de ces tares qui s’annoncent depuis les régions du Mali et partout ailleurs, y compris dans la Diaspora malienne… sonne l’amorce d’un jour nouveau, celui de la révolution des consciences, d’un sursaut national pour la restauration de la dignité des Maliennes et des Maliens.

Face à une telle situation aussi préoccupante pour la survie de notre Nation, nous, Associations et organisations de la Société Civile, Mouvements politiques, Syndicats, Intellectuels, Opérateurs économiques, Hommes politiques, Acteurs du monde rural, Citoyens de tous bords, lançons un appel solennel à tous les Patriotes du Mali pour un « Sursaut national », ….

Le Mali profond nous interpelle, notre devoir de Citoyen nous engage !

Notre vision, notre lutte et notre démarche demeurent fondamentalement républicaines : la refondation et l’institution d’une gouvernance vertueuse au Mali, dans le respect et en application de la Constitution, en l’occurrence, en son article 121 : « … Le peuple a le droit à la désobéissance civile pour la préservation de la forme républicaine de l’Etat… ».

 Motions de soutien

Au cours de ce lancement, trois motions de soutien et de solidarité ont été exprimées à l’endroit de : Professeur Clément Mahamadou Dembélé ; l’honorable SoumailaCissé et au peuple malien frappé par les conséquences d’une crise multidimensionnelle généralisée et interminable, qui sévit depuis près d’une décennie.

Pépin Narcisse LOTI

Source : Mali Demain

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