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Élection présidentielle : PLUSIEURS CANDIDATS ÉMETTENT DES RÉSERVES SUR L’ORGANISATION DU SCRUTIN

Les candidats Modibo Koné et Mohamed Ali Bathily lors de la conférence de presse


En dépit du fait que la température à Bamako soit clémente ces temps ci, en raison certainement de la saison hivernale, la température politique, elle, ne cesse de monter, et cela, quelques jours seulement après l’organisation du 1er tour de l’élection présidentielle. Plus de la moitié des candidats sont ainsi montés au créneau avant même la publication des résultats provisoires par le ministère de l’Administration territoriale.
En effet, 18 des 24 candidats qui ont participé à l’élection de dimanche dernier ont unanimement dénoncé les conditions dans lesquelles a été organisé le scrutin.
Pis, ces postulants au fauteuil présidentiel comptent rejeter les résultats de cette élection qui seront très bientôt proclamés par les autorités compétentes. Ils l’ont fait savoir à la faveur d’une conférence de presse tenue, hier, à la Maison de la presse.
Dans une déclaration rendue publique, les 18 candidats admettent avoir «constaté de graves et multiples anomalies qui ont émaillé le processus électoral avant et pendant le scrutin du 29 juillet dernier sur l’ensemble du territoire national». Il s’agit, selon eux, «de l’utilisation abusive des moyens de l’Etat par le président de la République sortant, candidat à sa propre réélection, de la propagande de l’ensemble du gouvernement sur le prétendu bilan du président de la République faussant ainsi de façon flagrante l’égalité de traitement des candidats en période électorale, notamment par les médias publics, du retrait massif de cartes d’électeur par des personnes non titulaires et non habilitées, de la corruption et de l’achat du vote des électeurs».
D’autres griefs du Groupe des 18 ont trait au «bourrage d’urnes» et à l’«attribution de résultats fantaisistes à des candidats, à l’absence des cartes d’électeur non distribuées dans de nombreux bureaux de vote en violation de la Loi électorale, au non affichage de listes électorales devant certains bureaux et à l’utilisation illégale de procurations dans certains bureaux de vote».
Ces motifs sont suffisants aux yeux de ces candidats pour demander «instamment une évaluation de la mise en œuvre des mesures annoncées lors de la rencontre entre les candidats et le Premier ministre le 28 juillet dernier, la publication de tous les résultats bureau de vote par bureau de vote, la publication du nombre de procurations utilisé par bureau de vote, le démenti par la Cour constitutionnelle de graves accusations portées contre elle et l’ouverture d’une enquête judiciaire, la publication de la liste détaillée des localités et des bureaux de vote où l’élection n’a pu se tenir le 29 juillet 2018».
«Considérant la gravité des faits ainsi constatés, nous n’accepterons pas des résultats affectés par les irrégularités énoncées ci-dessus, appelons les observateurs nationaux et internationaux à examiner et analyser avec la plus grande neutralité nos observations et critiques», martèlent les 18 candidats à l’élection présidentielle dans leur déclaration commune.
Les préoccupations des journalistes ont, entre autres, porté sur les futures actions de ces candidats protestataires ; sur les clarifications du rejet des résultats ; sur les précisions sur les récriminations contre la Cour constitutionnelle et la ligne de démarcation entre les actions du président de la République et celles du président-candidat.
En réponse, le candidat indépendant à la présidentielle, Mohamed Ali Bathily a dit qu’une Cour constitutionnelle doit être impartiale et neutre.
«Lorsqu’un juge prend partie, on le récuse. La Cour constitutionnelle nous a donné certaines inquiétudes en violant la loi sur l’utilisation des procurations. La Cour est dans la politique», a assené l’homme de droit. Me Mohamed Ali Bathily a, aussi, expliqué que le président de la République gère les affaires de l’Etat, estimant que s’il est candidat, il doit faire la part des choses entre ce qu’il est en tant que chef de l’Etat et en tant que candidat.
Les 18 candidats ayant signé la déclaration sont : Mohamed Ali Bathily, Soumaïla Cissé, Moussa Sinko Coulibaly, Aliou Diallo, Cheick Modibo Diarra, Mamadou Diarra, Dramane Dembelé, Housséini Amion Guindo, Modibo Kadjoké, Modibo Koné, Choguel Kokalla Maïga, Oumar Mariko, Mme Kanté Djénéba N’Diaye, Kalfa Sanogo, Mamadou Oumar Sidibé, Modibo sidibé, Mountaga Tall et Hamadoun Touré.
Massa SIDIBÉ

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