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Afrique

Égypte. Le pouvoir accuse l’ONU de vouloir « politiser » la mort de Mohamed Morsi

L’Égypte a accusé, ce mercredi 19 juin, l’ONU de vouloir « politiser » la mort de Mohamed Morsi, en réaction à la demande par le bureau des droits de l’Homme des Nations unies d’une enquête « minutieuse et indépendante » sur le décès de l’ancien président islamiste.

 

Le pouvoir égyptien n’a pas apprécié l’attitude de l’ONU vis-à-vis de la mort de l’ancien président islamiste Mohamed Morsi. Dans un communiqué, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Hafez, a dénoncé « dans les termes les plus vifs » la demande onusienne d’une enquête « minutieuse et indépendante » après la mort en plein tribunal de l’ex-chef d’État, estimant qu’il s’agissait d’une « tentative délibérée pour politiser un cas de décès naturel ».

« Toute mort soudaine en prison doit être suivie d’une enquête rapide, impartiale, minutieuse et transparente menée par un organe indépendant afin de faire la lumière sur la cause du décès », avait déclaré Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme.

L’ancien président égyptien Mohamed Morsi, décédé lundi, a été enterré ce mardi 18 juin à Medinat Nasr, un quartier de l’est du Caire. Son cœur s’est arrêté en plein procès, selon la télévision d’État. Il a été déclaré mort à l’hôpital.

Les conditions de détention en questions

Mohamed Morsi, destitué en 2013 par l’armée à la faveur de manifestations populaires après une courte mandature d’un an, avait été condamné à un total de 45 ans de prison pour incitation à la violence contre des manifestants fin 2012 et espionnage au profit du Qatar. Il était rejugé après l’annulation de deux verdicts prononcés contre lui, une condamnation à mort et une réclusion à perpétuité.

Selon Rupert Colville, des « inquiétudes » avaient été soulevées au sujet de ses conditions de détention et de son accès à des soins médicaux pendant sa détention. En mars 2018, une commission britannique indépendante, dirigée par le député conservateur Crispin Blunt, avait dénoncé le maintien à l’isolement 23 heures par jour de l’ex-président, qui souffrait d’antécédents diabétiques et d’insuffisance rénale.

Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ainsi que le député Crispin Blunt, ont également réclamé une enquête “indépendante” sur la mort de l’ancien président islamiste de 67 ans.

Source:  ouest-france

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