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Editos / Contributions

Edito : on a marre..!

Pays millénaire et multiethnique, le Mali traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire. Cet état de fait est la conséquence de la mauvaise gouvernance. Annoncé comme un Messie, le président de la République IBK fut une grande déception à cause de sa gestion chaotique du pays. Les Maliens en ont marre de lui et de sa mauvaise gestion. Le rapport de la 11ème édition d’enquête d’opinion politique au Mali dénommé Mali-Mètre, rendu public, le montre à suffisance. Ce sont 2/3 des Maliens qui sont déçus de la gestion du chef de la magistrature suprême. Le rapport révèle que 62% des enquêtés sont insatisfaits des actions du président IBK, qui n’arrive pas à panser la plaie béante de l’insécurité.

Il y a eu Ogossagou 1. Environ 200 personnes massacrées, des dizaines de cases et de greniers brûlés. Ni les vieux, ni les femmes enceintes, ni même les bébés n’ont été épargnés. Il y a eu Ogossagou 2, environ 70 morts. Après la plaie  saignante du nord, une nouvelle crise est en train de gagner le centre. On avait nourri l’espoir que l’État prendrait des dispositions efficaces et efficientes après ce qui s’est passé à Dioura, Mondoro, Boulkessi, Sobane Da, Ogossagou, ….pour que l’ennemi n’ait plus jamais le temps de commettre de telles atrocités et de repartir en toute tranquillité. On se rend compte à présent que la réalité est loin de nos espérances. L’État malien semble être en totale putréfaction; les forces de sécurité nationales et internationales s’avèrent plus qu’impuissantes pour donner le moindre espoir.

Et les terroristes continuent de sévir dans le Centre du pays, notamment dans la région de Mopti. Cela, en dépit des mesures sécuritaires prises par les autorités pour mieux les combattre. Les populations civiles sont les principales cibles des groupes terroristes dans la zone. En l’espace de 48 heures, plusieurs personnes ont été enlevées ou abattues. Toutes des civils, elles sont soupçonnées par des terroristes de donner des informations aux forces maliennes.  Pourtant, les autorités ont annoncé le renforcement des dispositifs sécuritaires dans cette partie du pays pour combattre les terroristes. La situation est très inquiétante et on n’a marre !

Des milliers de personnes ont été contraintes de quitter leurs villages à cause de la terreur. Ces déplacés ont presque tout perdu : céréales, bétails et autres biens. Ils sont actuellement installés à Bankass et dans ses environs, sans moyens, avec en toile de fond la famine. Face à leur souffrance, le Président IBK a choisi l’indifférence. Entre le 1er mars et aujourd’hui, des dizaines de personnes ont été tuées dans les attaques contre une quinzaine de villages dans les communes de Bayes et Tori, cercle de Bankass. On a marre de ces tueries !

Le pays saigne dangereusement. 4554 morts de 2017 à 2019, soit 1518 morts/an, en moyenne 4 personnes par jour. 1868 morts dans la seule année de 2019. 300 mille personnes déplacées ; 108 mille personnes réfugiées ; 900 écoles fermées ; 150 mille enfants privés d’école ; 5 millions de personnes affamées; 3 millions de personnes dans l’insécurité  totale. 420 milliards de déficit budgétaire enregistrés; 600 milliards empruntés en deux ans.

Eh oui ! On a marre que sous l’œil impuissant du régime IBK, plusieurs communes dans le cercle Banamba, à 150 kilomètres de Bamako, sont désormais sous contrôle des terroristes et toutes les écoles de la zone sont fermées. Bananamba, Touba-Coro, Touba-Coura, Niamina, Tocoroba, Balandougousegala Tamani Koura, Bôrôn, Sébété, Séguéla, Madinasako, Souba, Farako  (Ségou)… échappent désormais au contrôle de l’Etat. Dans ces secteurs, il n’y a ni gendarmes, ni maires, ni préfets, ni école. Des milliers d’enfants sont désormais à la maison et ce sont les écoles coraniques qui sont désormais ouvertes dans la zone, sous imposition des terroristes.  En plus de la fermeture des écoles, ils recrutent des dizaines de jeunes, souvent obligés d’adhérer à la cause pour leur survie. Chaque vendredi, ils viennent à bord des motos pour prêcher dans chaque village de ces différentes localités. Depuis l’enlèvement du sous-préfet de Farako, les autres administrateurs civils de la zone ont pris la tangente, laissant la zone sous diktat des terroristes qui se réclament du chef de la Katiba d’Ançardine du Macina, Ahmadou Koufa. On a en vraiment marre !

Aliou Touré

Source : Le Démocrate

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