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Edito : le Mali, tel un bateau sans capitaine !

Le Mali traverse l’un des moments les plus difficiles de son histoire. Menacé dans son existence, le pays ressemble à un navire abandonné à son sort, dont le capitaine Ibrahim Boubacar Kéita est occupé à user et abuser des fastes du pouvoir. A cause de sa gestion chaotique, le pays se désintègre progressivement. Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle : il n’existe d’autorités (donc d’Etat) que dans les régions de Sikasso, Koulikoro, Kayes et une partie des régions de Ségou et de Mopti, en plus du district de Bamako. Mais pour combien de temps encore ces localités résisteront au vent des attaques terroristes?

Sous l’œil impuissant d’un régime médiocre, le pays saigne dangereusement. 4554 morts de 2017 à 2019, soit 1518 morts/an, en moyenne 4 personnes par jour. 1868 morts dans la seule année de 2019. 300 mille personnes déplacées ; 108 mille personnes réfugiées ; 900 écoles fermées ; 150 mille enfants privés d’école ; 5 millions de personnes affamées; 3 millions de personnes dans l’insécurité  totale. 420 milliards de déficit budgétaire enregistré; 600 milliards empruntés en deux ans.

Le président de la République et son gouvernement sont seuls responsables de la désintégration en cours du pays. S’agit-il d’un complot dont ils sont les investigateurs sans le savoir ? Nous doutons qu’ils ne comprennent qu’ils ont participé ou favorisé la partition de fait du pays à cause de leur mauvaise gestion. Que reste-t-il à espérer de nos gouvernants actuels ? Ils n’ont aucune solution. S’ils en ont, ils n’ont qu’à les appliquer. En ce moment, on ne doutera plus de leur bonne foi.

Le Mali, dans toutes ses composantes, attend avec une patience incompréhensible que le sort national soit scellé de façon pire qu’en 2012. En 2012, l’armée se battait sans moyens. Aujourd’hui, l’armée a, semble-t-il, les moyens, du moins a été dotée de moyens humains, financiers et matériels à travers la Loi de programmation militaire. Où sont alors passés tous les budgets d’équipements militaires depuis 2014 ? 8.000 milliards de dépenses publiques de 2014 à 2020. Résultat : le pays s’est effondré davantage. A cause de l’insécurité grandissante et récurrente, des milliers de Maliens meurent comme des mouches. La vie humaine est sacrée. Si on pouvait arrêter tout ce folklore pour faire face aux vrais problèmes du Mali, on aurait atténué la souffrance au centre et au nord du Mali.

Incapacité ou mauvaise foi ? Dans tous les cas, c’est le Mali qui perd. Il est temps que les Maliens se rassemblent. De grâce, ayons sur nos consciences tous ces morts et souffrances des populations qui n’aspirent qu’à la paix. Les Maliens sont fatigués de cette situation insoutenable. Il faut agir pour trouver des solutions idoines pendant qu’il est encore temps. Au Mali, on a tendance à déplacer les problèmes au lieu de les résoudre. Ça montre, encore une fois, l’incapacité des dirigeants. On est dans la merde. Oh Dieu, que peut-on encore espérer de nos gouvernants actuels ?

Aliou Touré

Source : Le Démocrate

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