Politique

Contre vents et marrées : Issa Kaou Djim s’accroche

Le coordinateur général excommunié par ses camarades s’est dépeint sous les traits d’un homme d’action, de résultat, sérieux et rigoureux et semble traiter de rigolos ses adversaires.

Issa Kaou Djim droit dans ses bottes. « Je reste le coordinateur légal et légitime de la CMAS » a-t-il lancé d’un ton narquois sur les réseaux sociaux, avant de se lancer dans un plaidoyer pro domo. Le coordinateur général excommunié par ses camarades s’est dépeint sous les traits d’un homme d’action, de résultat, sérieux et rigoureux. Sous sa direction la Coordination des mouvements et associations sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko aurait fait des bonds prodigieux.« Je ne connais personne qui peut contester les qualités du travail abattu par la CMAS sur le terrain.  La CMAS est rentrée dans l’histoire, mais le plus important est de se maintenir et de grandir  pour l’intérêt des maliens et des maliennes. En politique, derrière les sourires affichés se cachent des dents carnassières.  « Il y aura toujours des coups bas mais ce qui compte, c’est la dignité et la loyauté ».   

Son organisation a ressemblé à un château proche où s’est instruit un procès en destitution contre le leader qui n’a jamais été cité à comparaître. Dans une déclaration rageuse signée des responsables locaux du district de Bamako et d’ailleurs, des récriminations à étages sont formulées contre lui, notamment ses « agissements incongrus, maladresses et désintérêts à ciel ouvert vis-à-vis de l’imam Mahmoud Dicko »,  agrémentées de «violation du préambule du statut et règlement intérieur» en parrainant et en faisant la promotion d’une plate-forme concurrente. En outre, le mis en cause, est fortement soupçonné de poursuivre des desseins inavoués en scellant« des nouvelles alliances malencontreuses, incompréhensibles et revanchardes » qui ont achevé de convaincre ses camarades de son « incapacité et l’irresponsabilité » dont une des manifestations concrètes serait son inertie face « aux démissions en cascades » enregistrées au sein des instances de base ces derniers temps ». Lesquelles démissions seraient aussi imputables à des traits de caractère, notamment « son manque de courtoisie, ses déclarations improvisées et incessantes » dont certaines sont de nature à discréditer l’organisation.

Sort lié à Mahmoud Dicko

« Nous lui reprochons la gestion clanique, son manque de restitution des décisions au sein du M5 RFP et on ignore comment il a été nommé membre du Conseil national de transition (CNT) ».

Le ton acide employé de part et d’autre laisse présager la poursuite de la guerre intestine à ciel ouvert. A moins d’une intervention du parrain Mahmoud Dicko sur lequel tous les protagonistes ont désormais les yeux rivés. Issa Kaou Djim est suspendu aux lèvres son mentor et beau-père comme une personne menacée de noyade s’accroche à son sauveur. Les deux hommes sont en froid. Mais de là à parapher publiquement la destitution de son gendre, il y a un pas qu’il s’est gardé de franchir. Djim en a bien conscience. En s’affichant avec son épouse venue l’apporter un précieux coup de main, il signifiait par ce message qu’il a plus d’un atout dans son manche. Malheureux ceux qui n’ont pas voulu voir l’eau dans le fleuve ! Dès lors,  il s’est permis de crier sur tous les toits : « Je démissionnerai le jour où l’imam dira ne plus se reconnaître dans ma gestion ».

Les prochaines semaines seront déterminantes quant à l’issue du combat. Une chose est sûre : l’organisation va laisser suffisamment de plumes dans cette foire d’empoigne dont les premiers signaux remontaient à des vagues de démissions enregistrées dans les structures de base et au sommet.

Aux dernières nouvelles,  Youssouf Daba Diawara le remplace désormais Issa Kaou Djim au poste de coordinateur général.

Georges François Traoré

L informateur 

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