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Politique

Concertations nationales sur la transition : Le M5-RFP rejette la charte et menace de reprendre le combat

Après trois jours de débats houleux et par moment passionnés, les concertations nationales sur la transition ont connu leur épilogue le samedi dernier. Les échanges sur le document proposé par le comité d’experts désigné par le CNSP ont été sanctionnés par la validation d’une charte de la transition devant disposer de la destinée du Mali et des Maliens après la démission forcée du président IBK. Par-delà les apparences d’une acceptation par acclamations en plénière, elle a fait l’objet de vives dénonciations et réserves intrigantes de la part du mouvement M5 –RFP. Lequel mouvement, après avoir rejeté le contenu dudit document, menace de ne pas baisser la garde face à ce que certains leaders ont assimilé à une confiscation de leur combat.

Le colonel Assimi Goïta, en procédant à la clôture solennelle de concertations, s’est dit pourtant optimiste quant à « l’avènement d’un Mali nouveau, démocratique, laïc, prospère, fondé sur le travail, la justice sociale et l’égalité”, en assurant par ailleurs que le CNSP ne ménagera aucun effort dans la mise en œuvre de l’ensemble de ces résolutions dans l’intérêt du peuple malien. Pas suffisant, selon toute évidence, pour que le M5. Estimant le document final non-conforme avec la réalité des débats de ces deux jours, le Mouvement anti-IBK dénonce une dénaturation des propositions et une tentative de confiscation de la transition par les militaires. En effet, après sa validation par acclamations, Mme Sy Kadiatou Sow, seule responsable du M5 –RFP ayant participé à la concertation, s’est dite « triste et inquiète» que deux journées de labeur abattu sur la feuille de route et la charte de la transition débouche sur un document différent des conclusions issues des Travaux aux en groupe. «Le rapport final a été charcuté et ne correspond pas du tout à ce que nous avons dit dans les groupes», a martelé la présidente de l’association Adéma en rappelant avoir déjà discuté de la position de son camp avec le CNSP. Il s’agit notamment des aspects en rapport la gestion de la transition, la feuille de route et la charte de la transition, sur lesquels elle estime que «la position du M5 est très claire». Et d’ajouter que leur combat repose sur la refondation du Mali et non sur un départ d’IBK. «

Nous n’accepterons pas de confiscation de pouvoir. Le M5 ne se reconnaît pas dans ce document et nous allons continuer notre combat comme d’habitudes sans violence», a-t-elle prévenu.

Quelques heures après la clôture, le Comité Stratégique du M5-RFP, dans une déclaration, a dénoncé des rajouts à la Charte. En effet, selon le mouvement contestataire du régime déchu « les prérogatives du Vice-président de la transition, la composition et le mode de désignation des membres du collège de désignation du Président de la transition et l’acte fixant la clé de répartition entre les composantes du Conseil National de Transition n’ont jamais été soumis à débats». Le M5 dénonce en outre la non prise en compte unilatérale de très nombreux points du document qui n’avaient fait l’objet ni de rejet ni même de réserve dans aucun groupe. Ils ont traits entre autres aux Assises Nationales pour la Refondation, à l’organe de gestion du mécanisme de veille sur la Transition, à la Cour constitutionnelle, au Haut Conseil Consultatif et à la Cour des comptes. S’y ajoutent des dispositions à valeur constitutionnelle en faveur de l’accès des femmes et des jeunes aux fonctions électives et nominatives et en faveur des personnes vivant avec un handicap, l’autorité unique indépendante assurant la régulation de la communication audiovisuelle, la prolongation des délais de garde à vue en cas de présomption de terrorisme et d’atteinte à la sureté nationale, la nomination des responsables administratifs et financiers ou questeurs des Institutions de la République par décret pris en Conseil des ministres et la reconnaissance des mécanismes traditionnels de règlement des litiges fondés sur les us et coutumes des différentes communautés.

Tout en dénonçant par ailleurs des pratiques antidémocratiques d’intimidations et une volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP, le M5-RFP se démarque d’une charte qui, à ses yeux, «ne reflète aucunement les points de vue et les décisions du Peuple malien»

Comme quoi, le mouvement contestataire ayant eu raison du régime déchu risque d’en découdre avec les tombeurs d’IBK par une reprise des sorties périodiques. Avec le risque à tout le moins d’affronter éventuellement les mêmes répressions, arrestation et emprisonnement.

 

Amidou KEITA Source : le temoin 

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