Société

Bamako sous la tutelle de Nouakchott ?

Le général président Mohamed Oud Abdel Aziz parrain financier de la réélection d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK). L’information est révélée par le site mauritanien Alakhbar, relayée par plusieurs autres.  

Extrait : « IBK bouclait sa première visite à l’étranger en Mauritanie, après sa réélection pour un deuxième mandat présidentiel. Durant sa campagne électorale, le chef de l’État malien se déplaçait à bord d’un avion de la Mauritanian Airlines. Des véhicules immatriculés Mauritanie transportaient également sa logistique de campagne ».

À quel nouveau jeu joue le général président Mohamed Ould Abdel Aziz qui, après avoir déstabilisé le Mali et soutenu les partisans de sa partition, se positionne en sauveur de son président? Place-t-il désormais IBK sous sa tutelle avec la nomination du général mauritanien Hanena Ould Sidi à la tête de la force conjointe du G5 Sahel?

Dans tous les cas de figures, le nouveau mandat d’IBK commence avec une fébrilité certaine qui pourrait placer Bamako sous la tutelle de Nouakchott au moment où l’avenir de son président est incertain. En Mauritanie, les nationalistes du panarabisme hégémonique se frottent les mains, leur rêve de création de la « nation arabe » incluant «l’Azawad» est désormais réalisable.

Arouna Traoré
………………………………………..

Sahel

La France déterminée à poursuivre l’appui au G5 Sahel

Le président français, Emmanuel Macron, a réitéré la détermination de son pays à maintenir le soutien au G5 Sahel, lundi, en recevant les ambassadeurs de France, dans le cadre d’une cérémonie annuelle au cours de laquelle sont déclinées les grandes options stratégiques, diplomatiques, sécuritaires, économiques et commerciale du pays.

Devant une assistance attentive, le chef de l’État français a salué «la victoire de la force Barkhane, l’engagement de la force de l’ONU au Mali (MINUSMA), et celle du G5 Sahel que la France continue d’appuyer. Nous avons obtenu des victoires importantes ces derniers mois au Sahel. Cette action doit se poursuivre en complétant Barkhane et en soutenant le G5 Sahel, seule solution qui, dans la durée, permettra la sécurité de la région. Par ailleurs, nous devons accentuer notre coopération avec l’Algérie, mais aussi le Nigeria et le Cameroun, deux pays qui luttent contre Boko Haram. Jamais, nous ne parviendrons à relever les défis de sécurité sans l’Afrique».  

La Force du G5 Sahel est une brigade de 5.000 hommes dont les éléments sont fournis par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Elle est basée à Sevaré (Centre du Mali) et placée sous le commandement du général Hanana Ould Sidi, un officier mauritanien qui vient de prendre ses fonctions.

Région vaste et pauvre, avec des États fragiles et des frontières poreuses, dont l’histoire est hantée par les putschs militaires et les rébellions, le Sahel reste encore en proie à une violence infernale provoquée par des groupuscules terroristes islamistes.

Cette insécurité, aux origines politiques et sociales, est désormais aggravée par des conflits communautaires en latence depuis plusieurs décennies, qui viennent se greffer aux actions liées à différentes formes de vendettas, au banditisme et trafics transfrontaliers.

Le Mali, qui vient de réélire le président Ibrahima Boubacar Keita, est l’épicentre de ce qui ressemble dangereusement à un début de chaos, avec un accord de paix signé à Alger depuis plus de 3 ans, et resté lettre morte.

Pire, après la réélection d’IBK, certaines voix se font entendre sur les bords du fleuve Djoliba (le fleuve Niger) pour dire que l’application totale de l’accord de paix et de réconciliation «est une menace contre l’intégrité territoriale, avec de forts gros risques des remous graves sous forme d’effets dominos dans d’autres régions du pays».
Ce document dont l’application est une priorité pour la France, qui aurait soutenu la réélection d’IBK dans cette perspective, «porte des ingrédients de partition du Mali», accusent les pourfendeurs de l’action de l’ancienne puissance coloniale dans le Sahel.

Avec un Mali en proie à la violence, la stabilité dans la région n’est que pure illusion, compte tenu de la position centrale de ce pays.  Il faut ajouter à cette inquiétante donne sécuritaire au Nord et au Centre, les germes d’une crise postélectorale à Bamako, avec le refus du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, d’accepter les résultats du deuxième tour du scrutin présidentiel organisé le 12 août dernier.

Arouna Traoré

Source:Le Nouveau Réveil

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez respecter le droit d'auteur