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Economie

Achat institutionnel du riz : Les producteurs du riz vent debout contre la pratique

Malgré l’importance de la production de la production locale, 3 167 530 tonnes (CPS/SDR : campagne 2019-2020), l’Etat malien  exonère l’importation du riz. Ce que dénoncent les producteurs du riz qui crient à la concurrence déloyale.

De 2008 à nos jours, la production rizicole du Mali n’a cessé de croître grâce aux multiples initiatives politiques mises en place par le gouvernement du Mali, dans le cadre du développement du secteur agricole en général et de la riziculture en particulier. À titre d’illustration, le pays a produit 3 167 530 tonnes (CPS/SDR : campagne 2019-2020).

Ce qui fait du Mali le deuxième des pays producteurs du riz en Afrique de l’ouest après le Nigeria. La culture occupe environ 190.000 exploitations agricoles familiales. Elle est la seconde culture au Mali derrière le maïs avec plus de 30% du total des céréales.

Toutefois, cet accroissement de la production et de la productivité ainsi favorisé ne s’est toujours pas traduit par une amélioration significative des revenus des producteurs grâce à l’inorganisation du marché conduisant à la mévente ou au bradage des produits par ces derniers. S’y ajoutent les importations démesurées du riz qui sont largement au-dessus des besoins nationaux.

Cette situation constitue, selon Faliry Boly, secrétaire général de la Coordination nationale des organisations paysannes (CNOP), une concurrence déloyale à l’écoulement du riz produit localement, car les grands foyers de consommation de l’Etat (Armées, Prisons, Hôpitaux, Camps de jeunesse, Cantines scolaires, Stocks d’Intervention de l’Etat, Aides humanitaires…) sont approvisionnés (majoritairement) en riz importé dont la quantité moyenne est estimée à plus de 180 000 tonnes /an (étude PNPR-M).

Ce qui constitue un paradoxe. Car, comment comprendre que l’Etat mette des milliards de FCA dans la subvention de l’agriculture et décide au même moment d’exonérer l’importation du riz ?

Aussi, nonobstant sa mauvaise qualité, l’exonération du riz fait perdre au trésor malien des milliards de francs de CFA par an. Elle ne profite qu’à une minorité de personnes notamment des fonctionnaires et des opérateurs économiques qui créent une pénurie artificielle.

Sinon, selon Faliry Boly, la quantité de riz produite au Mali peut largement couvrir les besoins du pays, si l’Etat accepte de jouer son rôle de régulateur.

 

Source : le wagadu

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