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Actualité Politique

Abdramane Diarra, président de la jeunesse URD : “il faut qu’on arrête cette histoire d’alliance contre-nature”

Dans une interview qu’il nous a accordée, le président des jeunes de l’URD, Abdramane Diarra, se prononce sur les alliances de son parti avec le parti au pouvoir dans certaines localités. Il évoque également les contradictions au sommet de l’Etat concernant le dialogue avec les chefs islamistes. Lisez plutôt !

La Lettre du Peuple : Actualité oblige, que pensez-vous de la cacophonie au sommet de l’État concernant la nécessité de dialoguer avec les chefs terroristes Iyad et Koufa ?

Abdramane Diarra : Vous savez, depuis 2014, nous à l’URD, et les autres partis de l’opposition, n’avons cessé de demander l’instauration d’un dialogue. Car, nous pensions que c’est grâce à un dialogue ayant abouti à l’accord de Ouagadougou que nous avons pu aller à l’élection présidentielle de 2013.
Vivement ce dialogue annoncé par le Président de la République. Mais nous rappelons que pour profiter d’un dialogue, il faut le faire en position de force, avant d’avoir le couteau sous la gorge. Et, malheureusement aujourd’hui, si dialogue il y a, nous y partons très affaiblis.
Et surtout que le Chef de la diplomatie malienne a récemment contredit Dioncounda Traoré, Haut représentant du Président de la République sur la question, qui vient d’être renforcé par son mandant. Je pense que le ministre des Affaires étrangères doit en tirer les conséquences.

Pourquoi votre parti a-t-il décidé de prendre part aux élections législatives, une recommandation du Dialogue national inclusif auquel vous avez refusé de participer ?

Mais non, pas du tout. Vous savez quand même que depuis l’élection des députés en 2013 et leur installation au sein de l’AN en janvier 2014 tout le monde savait qu’il y aurait des élections législatives 5 ans plus tard. Et nous, tout comme la majorité des Maliens, dénonçons le non renouvellement de l’Assemblée nationale. Donc, dialogue national inclusif ou pas, le gouvernement a la responsabilité d’organiser ces élections.
Et quand vous parlez de notre refus de prendre part au dialogue, il serait judicieux d’évoquer le pourquoi. Nous avons été les premiers à demander le dialogue. Mais quel dialogue ? Si les conditions garantissant la tenue d’un bon dialogue pour l’intérêt du Mali ne sont pas réunies, nous ne pourrons y prendre part. Et aujourd’hui ce dialogue a eu lieu, est-ce que le pays connaît un apaisement ? À observer le front social et la tournure incontrôlable que prend l’insécurité, nous pouvons dire que le dialogue a été une réunion de plus.

Certains observateurs pensent que l’alliance de l’URD avec le RPM dans localités est contre-nature. Qu’en pensez-vous ?

La pratique politique dans notre pays est à l’image de nos comportements. D’abord la décision d’aller en alliance est du ressort des sections qui, en fonction des réalités locales, décident d’aller en alliance et avec qui.
Ensuite, cela est dû à des insuffisances dont souffre notre système électoral. En l’état, si des partis politiques x, y et z concourent à une élection et qu’au premier tour x obtient 49% et que y et z obtiennent respectivement 25 et 26%, cela voudrait dire objectivement que dans la circonscription concernée, les populations souhaitent majoritairement accorder leurs suffrages au candidat du parti x. Mais au second tour, les partis y et z peuvent se mettre ensemble et gagner. Un résultat qui n’est pas le choix des populations en démocratie. Pour résorber cette problématique, nous, à l’URD, avons réfléchi et proposé des réformes dont l’instauration d’un système promotionnel à un tour. Dans ce cas, il n’y aurait pas eu d’alliance, mais malheureusement nous n’avons pas été entendus.
Il faut qu’on arrête cette histoire d’alliance contre-nature. Il faut plutôt se battre et veiller à la tenue d’élections libres et transparentes pour une meilleure représentation du peuple à l’AN.

Dans le contexte d’insécurité généralisée du pays, pensez-vous que ces élections sont possibles ?

L’organisation des élections est le rôle de l’État. Si le gouvernement convoque le collège électoral, c’est parce qu’il estime que les conditions lui permettent d’organiser les élections. Pour le reste, on se prépare.
Interview réalisée par Youssouf Diallo

Source : la lattre du Mali

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