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Monde

A la Réunion, Macron n’a pas pu esquiver la réalité sociale

Le chef de l’Etat était en visite dans ce département où 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et où les prix sont plus élevés de 7 % qu’en métropole.

A La Réunion, où il est arrivé mercredi 23 octobre en provenance de Mayotte, et après une brève escale à Grande Glorieuse, dans les îles Eparses, Emmanuel Macron ne pouvait esquiver la réalité sociale de ce département d’outre-mer.

« Je n’oublie pas que c’est peut-être à La Réunion qu’ont eu lieu les plus grandes manifestations de colère à l’occasion de la crise des gilets jaunes”. Cette colère avait des explications, ce sont les difficultés du quotidien, a-t-il déclaré à la presse à son arrivée à l’aéroport de Saint-Denis de la Réunion. Le gouvernement est déterminé à apporter des réponses concrètes, mais ça ne se fera pas en un jour. »

Dans le sillage du mouvement amorcé le 17 novembre 2018, ce département, où 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, où le taux de chômage atteint 23 % de la population active et où les prix sont en moyenne plus élevés de 7 % qu’en métropole, allait en effet connaître plusieurs jours de blocages. Mais aussi de violences urbaines, de dégradations, d’incendies et de pillages, perpétrés la plupart du temps par des bandes de jeunes livrés à eux-mêmes.

Une ébullition sociale qui n’est pas retombée, pas plus que ne se sont réellement améliorées les conditions de vie des plus déshérités. C’est ce que sont venus rappeler une centaine de « gilets jaunes » rassemblés sur un rond-point à quelques centaines de mètres de l’aéroport, avant d’essuyer des tirs de gaz lacrymogènes, provoquant quelques brèves échauffourées. Dès jeudi matin, M. Macron a fait une visite surprise aux Camélias, un quartier populaire de Saint-Denis, pour aller à la rencontre des habitants et « comprendre ce qui marche et ce qui marche pas ».

De leur côté, l’ensemble des organisations syndicales de l’île appelait, jeudi matin, à une manifestation dans les rues de Saint-Denis. Seront-elles pour autant en capacité d’attirer une mobilisation d’ampleur ? Pas sûr. Les corps intermédiaires réunionnais, élus comme forces syndicales, ne sont pas eux-mêmes épargnés par une forme de discrédit.

Aux Camélias, un quartier populaire de Saint-Denis, le 24 octobre.
Aux Camélias, un quartier populaire de Saint-Denis, le 24 octobre. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »
Article réservé à nos abonnés Lire aussi A La Réunion, une crise qui vient de loin et s’agrège à celle des « gilets jaunes »

« Rien ne change »

Peu importe. Un sentiment se répand dans la population ultramarine, aussi bien à La Réunion qu’à Mayotte, où le président de la République s’était rendu la veille, et peut-être au-delà : celui que « rien ne change », de l’impuissance de l’Etat et des gouvernements successifs à apporter des solutions aux maux qui gangrènent la société, et d’un chef de l’Etat dont, finalement, « on n’attend plus rien ».

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